‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 61 sur 94 · SANS ESPOIR · texte numérisé non relu

SANS ESPOIR

J'ai regardé dans le brouillard et mon âme était inquiète, Et le brouillard m'a dit : Je pleure le soleil!

Nous étions assis sous ma tente, et celui qui n'a plus

d'espoir Est venu s'asseoir parmi nous.

Et nous lui avons dit : As-tu vu la plaine et les mon-

Et il nous a répondu : Je les ai vues.

tagnes ?

Chansons du Cobzar

Et il nous montra son manteau et sa chemise.

Et sa chemise était déchirée à l'endroit de son cœur,

Et sa poitrine était trouée à l'endroit de son cœur.

Et son cœur avait disparu.

Et il ne tremblait point, puisque nous regardions son

cœur qui n'était plus;

Et il nous laissait le regarder.

Et celui qui n'a plus d'espoir souriait de nous voir pâlir,

Et il nous chanta des chansons,

Et nous l'enviions de pouvoir chanter,

Sans avoir un cœur pour en souffrir.

Et il jeta pour s'en aller son manteau sur les épaules,

Et ceux qui le rencontrent ne peuvent se douter

Que sa chemise est trouée à l'endroit de son cœur,

Que sa poitrine est trouée à l'endroit de son cœur.

Et que son cœur a disparu.

J'ai regardé dans le brouillard et mon âme était inquiète, Et le brouillard m'a dit : Je pleure le soleil.

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