‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 62 sur 94 · A LA MAISON · texte numérisé non relu

A LA MAISON

Prends le chemin que tu voudras, les chemins sont pareils; Mais viens, car j'ai dit à mon seuil que tu viendrais. De ma fenêtre on voit les tombes et les tombes regardent

ma vie.

Ma sœur, as-tu demandé au vent d'où il vient, ce soir, Pour nous dire de si étranges choses?

Je ne connaissais point celui que j'aime, Mais je savais que lorsqu'il viendrait il me ferait souffrir.

igo Chanso7is dit Cobzar

Il y a un pont sur la rivière, Et la rivière l'emporte tous les printemps. Ma sœur, le vent vient de très loin, ce soir. Il a vu une maison dont la fenêtre était ouverte, Et la maison était abandonnée ; Et la pierre du seuil était noire, Et deux hommes montraient du doigt cette maison. L'un avait le doigt sanglant, Et le doigt de l'autre tremblait, L'un disait : Combien de baisers ?

L'autre : Combien de larmes ?

Et une jeune fille regardait les deux hommes, Et montrait la maison du bout de son fuseau.

Il y a un pont sur la rivière, Et la rivière l'emporte tous les printemps. Et le fuseau de la jeune fille tremblait. Et sa chemise était blanche et elle avait au cou Un collier de sang.

Et elle dit : C'était ma maison ; Et elle dit : C'était mon seuil.

Puis elle retourna vers sa tombe et elle y descendit, Et les hommes montraient du doigt cette maison.

Prends le chemin que tu voudras, les chemins sont pareils;

Chansons du Cobzar

Mais viens, car j'ai dit à mon seuil que tu viendrais. De ma fenêtre on voit des tombes et les tombes regardent

ma vie.

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