Lavissk, Hist. de France, t. Vil, 2* partie, p
S'estimant désormais assez fort, Louis XIV, sur les conseils de ses légistes, résolut d'exploiter à son profit, dans le Brabant, une vieille coutume de ce pays, qu'on appelait le droit de « dévolution », en vertu de laquelle la reine Marie-Thérèse put se prétendre des droits héréditaires sur les Pays-Bas tant convoités. En mai 1667, le roi envoya à Madrid l'évêque d'Embrun porteur d'un message et du fameux Traité des droits de la Reine très chrétienne sur divers Etats de la monarchie d'Espagne, dans lequel il réclamait, comme revenant de droit à la Reine, le Brabant, le marquisat d'Anvers, le Limbourg, la seigneurie de Malines, la haute Gueldre, le comté de Namur, le comté d'Artois, le duché de Cambrai, le comté de Hainaut, un tiers de la Franche-Comté, la moitié du Luxembourg ». Quelques semaines plus tard, sans attendre la réponse, Louis XIV entrait en Flandre l.
Tel fut le début de la guerre d'un an, qui se termina par le traité d'Aix-la-Chapelle, du 2 mai 1668. Louis XIV garda la plus grande partie de ses conquêtes de Flandre, jusqu'à l'embouchure de l'Escaut, mais il dut rendre la Franche-Comté. D'aucuns, comme Turenne, furent mécontents, estimant qu'on eût pu obtenir mieux, et à propos des Pays-Bas on répétait le mot de Mazarin : « Ce sont là des pays qui ont de tout temps appartenu aux rois de France. »
De tels propos irritaient à la fois le Roi et les Hollandais qui se sentirent, plus que jamais, menacés. Ils relevèrent le gant avec fierté. L'orgueil de Louis XIV se heurtait à ces marchands, dans sa course vers le Rhin et la mer du Nord. Les richesses des Hollandais, leurs vaisseaux qui sillonnaient toutes les mers, avaient suscité des jalousies que le Roi sut exploiter. Contre eux, il entraîna sans grande peine, la Suède, l'Angleterre et la Ligue du Rhin avec laquelle Lionne renouvela le pacte de 1671. L'Électeur de Saxe hésitait; « mais le Roi lui fit porter 30.000 écus, avec une épée enrichie de diamants pour le Prince électoral et des cadeaux pour les ministres 2 ».
Les Hollandais ne trouvèrent, pour les soutenir, qu'un cher-