Raoul Gl\bek, Chron., IV
service militaire, l'un était désigné pour habiter la ville, afin d'y construire des habitations pour les huit autres, d'y recevoir et d'y emmagasiner le tiers de toutes les récoltes ; les huit autres sèment, moissonnent pour lui et lui réservent sa part des récoltes. Toutes les assemblées, tous les festins doivent avoir lieu dans les villes qu'on travaille à bâtir nuit et jour1 ». On condamne les criminels à essarter les bois, à construire des ponts et des chemins. La Saxe, on le voit, est un pays qui émerge seulement, à cette époque, de la vie forestière. Les coutumes et les institutions des Saxons étaient restées celles des peuples de la forêt germaine. Leur langue se distinguait du francique comme de l'alamanique, à tel point que les individus parlant ces différents dialectes teutoniques ne se comprenaient pas.
Tel était, en deux mots, le degré de culture de la Germanie occidentale, au temps du fondateur de la dynastie saxonne. Mais ce n'est pas tout. S'il n'y avait que des Français dans la « douce France », il n'y avait pas que des Germains dans l'Allemagne médiévale.
Voici venir, des steppes scythiques, de nouveaux Barbares, et ceux-ci se fixent en Germanie d'une manière définitive, parce que les Francs, les Saxons, les Alamans sont là, qui les empêchent de pousser jusqu'au Rhin, pour se ruer sur la Gaule. Nous avons parlé des invasions hongroises. Les Avars, apparentés aux Hongrois, rôdent, dès l'époque mérovingienne, sur les confins de la Thuringe et de la Bohême. Ces Asiatiques, si l'on en croit les chroniqueurs médiévaux, enlevaient les femmes des tribus germaines pour les atteler à leurs chariots. Gharlemagne les dompta et leur khan Thoudoun vint à Aix-la- Chapelle demander le baptême. Ils se fixèrent dans l'Allemagne du Sud et se confondirent avec les autres peuplades de cette contrée. Voilà donc, avec les Hongrois, un ramassis de tribus finnoises ou mongoles qui entrent dans la société germaine.
Mais, les tribus scythiques ou slaves qui viennent aussi peupler la Germanie, sont beaucoup plus considérables. On peut se demander — ce qui semble paradoxal, au premier abord, —