LES LANGUES
Avant Jules César, la langue gauloise était l'idiome officiel des pays rhénans. Les monnaies des Médiomatrices, des Eburons et de tous les autres peuples de la Belgique portent, en légendes, des noms gaulois comme celles de tout le reste de la Gaule. Les Germains ne parlaient pas la même langue que les Gaulois ; leur jargon, qui ne fut point fixé par l'écriture, devint, dans les contrées où ils s'établirent en masse, le parler populaire, méprisé comme le patois de nos paysans. Mais tout Germain qui voulait s'élever dans la hiérarchie sociale et tenait à être considéré, apprenait le gaulois, c'est-à-dire la langue de la population à laquelle il avait l'ambition de s'agréger. C'est ce que firent, nous dit César, les Suèves d'Arioviste qui séjournèrent longtemps chez les Séquanes et les Eduens. Une longue habitude rendit la langue gauloise tout à fait familière à Arioviste1.
Les Gaulois écrivaient leur langue en lettres grecques ou latines ; nous avons des inscriptions et des monnaies gauloises en ces deux alphabets ; parfois, les caractères des deux alphabets se trouvent mélangés dans un même texte. César dit que les Druides écrivent la langue gauloise en caractères grecs, aussi bien pour les affaires privées que pour les affaires publiques2.