‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 163 sur 211 · Aristote, Polit., VII, 15 (17), 2, p. 1336 a · texte numérisé non relu

Aristote, Polit., VII, 15 (17), 2, p. 1336 a

2. Properce, V, 10, 41. Sur le Rhin, dieu gaulois, voy. C. Julhan, Histoire de la Gaule, t. I, p. 450, n" 4 ; t. II, p. 132 et le Rhin gaulois, p. 14.

3. La liste des trouvailles des statuettes et monuments d'Epona a été dressée par S. Reinacii, Revue archéologique, 1895.

celles du reste de la Gaule ; rien, absolument rien, du panthéon germanique auquel préside Odin ou Wotan.

Il est probable que des divinités à figures de monstres, comme le dieu Cernunnos qui est une sorte de Plu ton cornu, le dieu à trois têtes, les anguipèdes que nous montrent les bas-reliefs ou d'autres monuments, sont des divinités très anciennes, demeurées populaires et qui appartiennent au vieux fonds d'origine celtique; elles ne sont pas entrées dans le panthéon galloromain, mais elles ont continué à être honorées d'un culte rustique dans nos campagnes1.

On a proposé de rapprocher, par exemple, le serpent à tête de bélier, sur l'autel des douze dieux de Mavilly, de la légende du dieu Scandinave Thor, qui combat les serpents. Les représentations si curieuses du vase d'argent de Gundestrup qui n'est, d'ailleurs, pas antérieur au ve siècle de notre ère, ont servi aussi de thèmes à des aperçus sur les origines de la symbolique gauloise. Mais, quoi qu'il doive résulter, un jour, de ces rapprochements encore bien risqués aujourd'hui, cela ne saurait infirmer en quoi que ce soit ce que nous avons voulu démontrer ici, la propagation largement prépondérante, pour ne pas dire exclusive, des mythes et des cultes gaulois et gallo-romain dans la région rhénane jusqu'à l'avènement du christianisme.

Ainsi, partout dans les pays rhénans, trônent et sont honorés d'un culte les divinités gallo-romaines, comme dans tout le reste de la Gaule, et ces divinités ne franchissent guère le Rhin, ne pénètrent point en Germanie. La réciproque est non moins vraie : aucune divinité des Germains ne s'est installée avant les grandes invasions du vu siècle, sur la rive gauche du Rhin, autrement que dans les superstitions populaires et privées qui n'ont jamais eu un caractère officiel. Que le fol orgueil allemand cherche, si bon lui semble, à rattacher la religion des anciens Germains aux légendes Scandinaves, aux chants de l'Edda. Qu'il reconnaisse dans ces poèmes de basse époque, le vieux dieu allemand, le dieu de la force aveugle et brutale, le sauvage et sanguinaire dieu Thor, qui préside, le marteau en main, à

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