LE SYSTÈME DES ÉCHANGES CHEZ LES GERMAINS
L'un des grands bienfaits de la conquête romaine fut, dès l'origine, de doter la Gaule, à la place des vieilles routes gauloises, sans ponts de pierre et sans chaussée régulièrement entretenue, d'un réseau de voies admirablement pavées, dont le passage sur les rivières fut assuré, en toute saison, par des ponts d'une incomparable solidité, dont les étapes furent marquées par des bornes de pierre, et les relais, par des gîtes hospitaliers. Rien de cela en Germanie, au delà du Rhin et au delà du limes.
Loin de là ! les grandes voies du commerce qui reliaient le Danube à la mer du Nord, n'étaient que de larges pistes naturelles, où l'on traversait les rivières à gué, où l'on se garantissait par des moyens de fortune contre la boue et les inondations; on n'y voyageait pas en toute saison, et les ornières trop foulées devenaient impraticables ; il fallait marcher à côté des chemins. Quand les armées romaines, avec subsistances et bagages de toutes sortes, font une expédition en Germanie, elles sont souvent obligées de se frayer une percée en abattant les arbres avec la hache et en construisant des chaussées en bois et des levés de terre à travers les forêts et les marécages : c'est ainsi que Germanicus fit ouvrir la forêt Csesia '.