Strabon, IV
Le Rhin dans l'histoire. — I. 10
est au milieu; celui qui doit l'occuper est le premier par la valeur, par la naissance ou par la richesse; les autres se placent plus ou moins loin de lui, suivant leur rang; derrière chacun d'eux, se tient debout, l'écuyer qui porte ses armes; leurs gardes sont assis en face de chaque maître, et des esclaves servent à la ronde1. »
Le costume des Gaulois de l'Est nous est connu par de nombreux bas-reliefs de stèles funéraires de l'époque romaine ; il est décrit aussi par Strabon, et nous pouvons constater par là qu'il ne diffère guère de celui du paysan lorrain, belge ou champenois contemporain : « Les Gaulois sont habillés de saies [sagum), ils laissent croître leurs cheveux et portent des pantalons (ana.xy rides) ou braies larges et flottantes, et au lieu de tuniques, des blouses à manches qui leur descendent jusqu'au bas des reins. La laine dont ils se servent pour tisser ces épais sayons appelés lœnœ est rude, mais très longue de poils 2. » Le tissage de la laine et le commerce des étoffes est déjà très développé chez les peuples d'entre la Somme et la basse Meuse.
Le Gaulois recherche la parure corporelle, les bijoux, les colliers d'or et d'argent {torques), les anneaux autour des bras et des poignets, les étoffes teintes de couleurs éclatantes et brochées d'or3. Le Gaulois apprécie et aime les beaux et bons chevaux; il est élégant cavalier, à l'encontre du Germain qui n'a que de petits chevaux robustes et agiles, mais dont la laideur provoque les quolibets4. Le noble Gaulois veut de pompeuses funérailles où l'on jette dans le bûcher tout ce qui lui a été cher pendant la vie.
Les historiens anciens signalent bien d'autres traits de l'état social des Gaulois : nous avons voulu seulement indiquer ici quelques-uns de ceux qui montrent jusqu'à quel point la Gaule jusqu'au Rhin faisait contraste avec la Germanie quand César parut.
Plus les peuples de la Gaule sont rapprochés de la vallée du
1. Posiuonius, dans Vthénée, Deipnosoph., IV, 3(5, cité dans Fvstel de Coulanges, Histoire des Institutions, l. I, p. 34.