‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 51 sur 211 · Stkabon, IV, 4, 2 et · texte numérisé non relu

Stkabon, IV, 4, 2 et

recensement de la population et de leurs soldats ; ils ont des impôts publics, des douanes, et parmi ces impôts il en est qui sont affermés à des particuliers. Tous les hommes libres doivent le service militaire ; seul, le corps sacerdotal des Druides en est exempt. Les Druides rendent la justice, président aux cérémonies religieuses. Tout cet ensemble n'est-il pas bien loin des tribus et des clans de la Germanie patriarcale, flottante, inorganique ?

Les Gaulois ont des villages {vici) disséminés paisiblement dans la campagne ; ils ont de grandes fermes isolées ou exploitations rurales appelées œdificia ; il en existait en Belgique, même dans le pays rhénan ; l'élève du bétail y était très développé ; il y avait beaucoup de porcs et de moutons; les jambons des Ménapiens étaient aussi réputés que ceux des Séquanes. Ce sont ces fermes agricoles qui vont fournir aux armées de Jules César des céréales et du fourrage.

Les Anciens sont unanimes à reconnaître dans les Gaulois des agriculteurs actifs, intelligents et industrieux, et dans le Germain le maraudeur paresseux et pillard.

Nous sommes renseignés aussi sur les maisons des paysans gaulois. Vitruve en décrit des types variés. Dans certaines régions, elles sont en pierre; dans d'autres, notamment dans les cantons marécageux de la Belgique où la pierre fait défaut, elles sont en pisé, c'est-à-dire en clayonnages d'osier et en terre pétrie avec de la paille hachée, le tout appuyé sur des poutres solides. Les Gaulois ne connurent la brique et la tuile qu'à l'époque romaine. Des bas-reliefs représentent ces maisons rustiques de la Gaule, couvertes d'un toit de chaume ou de roseaux, souvent de forme conique : ce type de maison est aussi celui que les bas-reliefs de la colonne Trajane attribuent aux Daces.

Les paysans gallo-belges prennent leurs repas assis sur la paille ; ils se nourrissent surtout de laitage, de légumes, de la viande de divers animaux, surtout de porc frais ou salé1. Mais les riches ont souvent un grand luxe de table et un cérémonial de bonne société : « Dans leurs repas, la place d'honneur

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