‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 72 sur 211 · Napoléon III, Histoire de César, t. Il, p · texte numérisé non relu

Napoléon III, Histoire de César, t. Il, p

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Le souvenir de ce grand drame historique s'est longtemps conservé dans la tradition populaire du pays : les plaintes du vent qui souffle parfois avec violence dans la bruyère passaient naguère encore, prétend-on, pour être les gémissements des hordes d'Arioviste qui blanchirent la plaine de leurs ossements1.

La victoire de César eut un retentissement immense en Gaule et en Germanie. Elle contribua, plus que tout autre événement, à faciliter l'établissement de la domination romaine. Les Gaulois qui n'avaient cessé, séculairement, d'être molestés ou envahis par les Germains et se rappelaient les terribles ravages des Gimbres et des Teutons, cinquante ans auparavant, considérèrent Jules César comme un libérateur. La Gaule avait été sur le point de redevenir la proie des Germains. César lui évita cette calamité, mais la rançon fut la conquête de la Gaule par les Romains.

Quelques années plus tard, après avoir abattu la puissance de Vercingétorix, Jules César fit frapper des monnaies dont les types rappellent ses victoires. Parmi ces pièces, il est un denier sur lequel on lit CAESAR ; le type représente un éléphant, c'est-à-dire l'emblème parlant du nom de Cœsar, qui écrase sous l'un de ses pieds un serpent. Ce reptile héraldique qui dresse la tête, la gueule béante, est l'image de l'étendard sacré des bandes d'Arioviste. C'était une espèce de dragon en baudruche avec des imbrications articulées. On le portait dans les combats au bout d'une perche et parfois le vent qui s'engouffrait dans sa gueule y faisait entendre un sifflement que les Germains croyaient susceptible de faire peur aux légions.

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