‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 85 sur 211 · Césak, B. G., IV · texte numérisé non relu

Césak, B. G., IV

droite, virent que César réussissait à franchir le fleuve, ils abandonnèrent la plaine ouverte pour se retirer dans la profondeur des bois. César n'osa s'engager à leur poursuite dans la silva Bacensis qui séparait les champs des Suèves et des Chérusques. Il repassa le Rhin, au bout de dix-huit jours, ayant dû se contenter d'une démonstration que son amour propre déclare efficace. Il détruisit le pont qu'il avait fait construire, et alla s'embarquer à Gesoriacumpour la Bretagne.

Peu de mois s'écoulent, qu'il est forcé de revenir. Avant que la Gaule tout entière se soulève à la voix de Vercingétorix, la Belgique est en feu, révoltée contre la domination romaine. Le Trévire Indutiomar et l'Eburon Ambiorix sont à la tête du mouvement qui gagne jusqu'aux Carnutes (Chartres). Des Germains franchissent le Rhin et prêtent leur appui aux insurgés. Mais ceux-ci, comme toujours, ne savent point agir de concert. C'est à tour de rôle, pour ainsi dire, qu'ils prennent les armes ; dans chacun de ces peuples il y a un parti romain, des transfuges et des traîtres qui avertissent César ou ses lieutenants. Les uns après les autres, Nerviens, Aduatiques, Éburons, Ménapiens transportent au loin, par des lacets forestiers connus d'eux seuls, leurs familles et tout ce qu'ils ont de plus précieux. En vain César fait essarter les bois, de manière à frayer un chemin à son armée et à éviter les surprises ; l'ennemi recule toujours plus loin. Il y eut des moments critiques, des légions surprises et massacrées, des perfidies, des embûches. Unefois, César — c'était pendant son expédition contre les Nerviens — voulut envoyer à son lieutenant C. Cicéron un message pour l'avertir de son arrivée prochaine et l'inciter à tenir jusqu'au bout contre les assauts répétés des Gaulois. « Il écrivit cette lettre en caractères grecs [grsecis litteris), pour éviter que l'ennemi, si elle était interceptée, vint à pénétrer ses desseins, et il recommanda au messager, dans le cas où il ne pourrait entrer dans le camp, d'attacher sa missive à une javeline, et de la lancer par-dessus le rempart '. »

Des mœurs guerrières des Germains, ces Gallo-Belges du

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