‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 86 sur 211 · César, Bell. Gall., V · texte numérisé non relu

César, Bell. Gall., V

nord ont gardé la fourberie et la duplicité. Le chef Eburon, Arabiorix, a recours à des ruses de coureur des bois, comme Arioviste et Arminius. En l'an 54 avant J.-C., c'est par trahison qu'il fait attaquer Sabinus et massacrer ses troupes. Le drame se passa sur « la chaussée verte de Tongres », auprès de Koninxheim, à la traversée du Jeker. Faut-il rappeler la perfidie des Aduatiques qui, assiégés par César, simulent une reddition et jettent leurs armes, puis se ruent sur les Romains avec d'autres armes qu'ils avaient dissimulées ? Ce trait et bien d'autres du môme genre, resteront dans la tradition germanique jusqu'à la guerre actuelle.

Après qu'Indutiomar eut été tué, le vieux roi des Eburons, Cativolc, désespéré, s'empoisonna. Les Eburons, les Nerviens, les Ménapiens se dispersèrent ; ce qui restait des Aduatiques fut vendu à l'encan: il n'est plus parlé désormais de ce peuple dans l'histoire. Ambioiïx se réfugia chez les Ménapiens qui, protégés par des marais continus et des bois, dit César, étaient les seuls de toute la Gaule qui ne lui eussent pas envoyé des députés pour traiter de la paix.

Ce fut alors que le général romain invita tous les pillards des contrées voisines à saccager le pays des Eburons, promettant l'impunité à tous les actes de brigandage. Les Germains ne se le firent pas dire deux fois. « Le bruit parvint au delà du Rhin, chez les Germains, que le pays des Eburons était livré au pillage et que l'on conviait tous les peuples à cette proie. Aussitôt, 2.000 cavaliers se réunissent chez les Sicambres... ; ils passent le fleuve sur des barques et des radeaux, à 30.000 pas au-dessous de l'endroit où César avait établi un pont et laissé une garde. Ils envahissent d'abord les frontières des Eburons, ramassent une foule de fuyards dispersés et s'emparent dune grande quantité de bestiaux, dont les Barbares sont très avides. L'appât du butin les entraîne plus avant. Il n'est ni marais ni bois capables d'arrêter ces hommes nés au sein de la guerre et du brigandage *... »

Il importait aussi de punir ceux des Germains qui avaient

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