CHAPITRE XIII
dons en sautoir, les généraux et les officiers de tous grades fortement empanachés, quelques habits noirs de fonctionnaires à décorations jaunes, coupe berlinoise ; puis une foule de vestons allemands et de chapeaux mous, des casquettes rouges à liséré bleu ou bleues à lisérés rouges, un paradis de l'Ambigu au temps de la direction Chilly; comme public féminin, un tas de gothons, luisantes de pommade, avec des^ mains de cuisinières et des flancs de porteurs d'eau. Voilà le tableau ! Étrange charge poussée au grotesque du parterre de roi« de Napoléon P"" à Dresde. En attendant l'empereur et l'impératrice, on se soûlait du fameux hymne : Heil dir sin Siegeskranz ^
Guillaume, arrivé tard, était visiblement fatigué. On jouait en ce moment un vaudeville intitulé : Un Duel américain, La phrase : Trois Allemands ne sont jamais d'accord, prononcée par un des personnages de la pièce, fut soulignée par les éclats de rire de cette foule bigarrée. L'empereur goûta-t-il cette allusion? Je ne sais, mais il ne tarda pas à se retirer.
La représentation terminée, après le ballet des lourdes bayadères du théâtre de Francfort, l'Allemagne ofTicielle se rua jusqu'à deux heures du matin sur les moos du Luxhoff. Le Luxhoff est une vaste