‹ Le Rhin francaisChapitre 130 sur 166 · CHAPITRE XIII. 2i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. 2i

choses se sont passées à Strasbourg avec le plus grand ordre .

Le lendemain, à sept heures du matin, je sortais de Strasbourg, en compagnie d'un certain nombre de compatriotes, parmi lesquels M. Barthélémy, rédacteur militaire de la République française. Un habitant de Kœnigshoffen avait bien voulu nous réserver un appartement, des fenêtres duquel nous pouvions voir passer les régiments se rendant sur le champ de manœuvres. La crainte d'une trop grande affluence nous fit abandonner dès neuf heures ce poste d'observation. Nous prîmes place des premiers dans les tribunes, dont les places avaient été louées par spéculation à des prix exorbitants. C'est sans doute à cause de cela qu'elles restèrent aux trois quarts vides.

Le passage des troupes à travers le long village de Kœnigshoffen s'était opéré avec la plus remarquable régularité, les soldats marchant au pas, quoiqu'en route, et ne perdant jamais leurs distances, les officiers usant pleinement de la liberté et de l'initiative qu'on leur laisse si sagement pour employer chacun à sa guise les formations qui lui plaisent le mieux. Les troupes portaient la grande tenue, pantalon blanc tombant sur la botte.

Les effets d'habillement des hommes, les harna-

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chements des chevaux paraissaient tout neufs. C'était une véritable troupe de parade à laquelle il ne manquait rien. Nous pouvons ici rappeler qu'outre cette grande tenue et la petite laissée à la caserne, il existe dans l'armée allemande, pour chaque homme, une troisième garniture neuve dans le cas de mobilisation. Sous le rapport de l'habillement et de l'équipement, l'armée française est à 50 p. 100 au-dessous de l'armée allemande. Dieu sait cependant l'argent qu'on dépense !

Dès mon entrée sur le terrain de manœuvres où les troupes continuaient à arriver de leurs cantonnements respectifs, j'observai que, la revue étant fixée pour onze heures précises, les régiments ne piétinaient pas depuis l'aube sur leurs emplacements, comme cela se présente trop souvent chez nous. Ces retards sont on ne peut plus fatigants pour les officiers et les hommes.

Les régiments pénétraient chacun à son tour dans le champ de manœuvres, sans tambours ni trompettes, silencieusement. Le dernier bataillon était à peine à sa place de bataille quand l'heure de la revue vint à sonner.

Le terrain avait été suffisamment reconnu la veille. Des jalons de bois qu'on remplaçait, à l'heure dite, par des soldats, marquaient les deux lignes de

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