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CHAPITRE XIII

bataille et la route du défilé. Aussi n'apercevais-je aucun officier d'état-major parcourant à fond de train le champ de Mars. Tout était calme; les mouvements préparatoires s'accomplissaient insensiblement et de la façon la plus régulière. La plupart des généraux se rendaient isolément en voiture ou à pied jusqu^au lieu du rendez-vous, suivant l'habitude allemande et ne montaient à cheval qu'à la dernière minute.

L'immense plaine choisie parFétat-major se prête merveilleusement à une opération de ce genre. 80,000 hommes y manœu\Teraient à l'aise. Elle est placée dans le quadrilatère formé par les hauteurs d'Oberhausbergen, les routes ancienne et nouvelle de Saverne et les fortifications de Strasbourg.

C'est un carré de deux kilomètres de côté, légèrement ondulé vers le nord. Les deux lignes de bataille s'étendaient : le dos à la ligne des hauteurs, face à Strasbourg. Elles appuyaient leur droite à la nouvelle, leur gauche à la vieille route de Saverne.

La première ligne était formée de la droite à la gauche par les brigades Muller et de Bussche, de la division de Woyna, la brigade bavaroise de Muck et les brigades Berger et de Verdy du Vernois, de la division Ziemietzky. Elle occupait, dans sa formation normale, un front de 1,800 mètres.

La seconde ligne était formée, également de droite à gauche, par les brigades de cavalerie de Wright et de Suckow, de la division de Drigalski, l'artillerie et le train.

L'ensemble comprenait 35 bataillons d'infanterie, 37 escadrons de cavalerie, un bataillon du train, Sk pièces de canon.

A dix heures quarante-cinq minutes le dernier des bataillons occupait sa place de bataille, le premier était arrivé à neuf heures, la plus longue attente avait été de deux heures.

Peu à peu, pendant que les troupes prenaient leurs emplacements, les premiers rangs des tribunes s'étaient garnis. Sur le champ de manœuvres même, une foule considérable avait fait une subite irruption. Elle était jalonnée et maintenue par les gendarmes. On remarquait parmi ces curieux un certain nombre de réservistes portant à leur casquette un bandeau blanc, suivant l'ordre de la place de Strasbourg. Les tribunes n'étaient peuplées que d'Allemands d'outre-Rhin. Il y a peu de Strasbourgeois disposés à payer 15 francs pour voir l'empereur Guillaume à la tête de ses troupes.

La curiosité du public avait été vivement excitée vers dix heures et demie par l'arrivée successive des attachés militaires en grande tenue et des officiers

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