‹ Le Rhin francaisChapitre 137 sur 166 · CHAPITRE MIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE MIL

déployée dès l'arrivée, à portée des positions, était commandée par le général de Verdy du Vernois, et formée par le 47^ régiment, 3 escadrons et 4 pièces.

La colonne de gauche, opérant par la nouvelle route, n'avait pour avant-garde que le bataillon de chasseurs bavarois, commandé par le lieutenantcolonel Popp. Elle était commandée par le général de Woyna et formée de la 30^ division d'infanterie, de la brigade bavaroise de Muck et du l*''" uhlans n** 4 avec 24 pièces.

A onze heures, l'avant-garde de Verdy du Vernois s'était étendue sur tout le front du corps d'armée, qui prenait ses dispositions de combat, sur la pente au-dessous de l'ancien télégraphe de Dingsheim, en arrière de la crête. Les soldats, ayant à la hâte pratiqué des tranchées abris dans un sol assez malléable, avaient ouvert le feu. Sur la gauche, en arrière de la crête, près du ruisseau le Souffel, la colonne de gauche se formait aussi, mais en première ligne, pendant que le bataillon de chasseurs bavarois la couvrait en crochet vers Ittenheim.

La ca\alerie était massée sous le canon du fort d'Oberhausbergen (6 régiments et une batterie à cheval). La garnison de cet ouvrage s'apprêtait à soutenir les colonnes d'infanterie par le feu de ses canons à longue portée.

Après une tiraillerie très nourrie de la première ligne, mais insuffisante, comme préparation d'attaque générale, les soutiens étant à peine à 80 mètres en arrière des tirailleurs, le corps d'armée entier, moins l'extrême droite, se porta en avant, sans réserve, baïonnette au canon, avec des hurrahs et des cris terribles. J'assistais à un combat de parade plutôt qu'à une action régulière. On voulait, sans doute, ménager l'empereur qui, posté sur la route, prèsd'Hurtigheim, était à cheval depuis près de trois heures.

La gauche fut écrasée par le corps marqué, après un énergique effort, et ramenée sur un parcours d'environ 1.200 mètres. Ces audacieux Français, repoussés par des feux de salve beaucoup trop multipliés , on prépara l'effort suprême par un feu d'artillerie général, auquel prit part le fort d'Oberhaushergen. Le 15« corps rentra en scène avec ses deux mêmes échelons trop rapprochés, sa première ligne coude à coude et le désordre ordinaire de l'instant psychologique. Je ne compte pas les invraisemblances, les deux adversaires se tiraillant à six pas, la cavalerie pour unique réserve. Il était plus de deux heures quand les Français, battus à leur tour, eurent la politesse de se laisser définitivement repousser vers Saverne, abandonnant aux vainqueurs leurs positions du matin.

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