‹ Le Rhin francaisChapitre 155 sur 166 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

L'empire d'Allemagne n'a pu se maintenir sur le faîte. Il descend maintenant le plateau et son horizon doré est obscurci. Des embarras financiers croissants, de détestables mesures économiques, des tergiversations sans fin dans la politique intérieure, des ingratitudes commises vis-à-vis d'alliés anciens, un isolement extérieur qu'on essaye vainement de masquer par des coups de théâtre sans portée, un relâchement appréciable dans les choses militaires, sont autant d'indices d'une réelle diminution de prestige. Nous la verrons s'accentuer de mois en mois. Elle aura son contre-coup en Alsace-Lorraine plus que partout ailleurs.

Une nation asservie, courbée sous le joug de fer de la dictature, mais vivante et robuste comme cette belle race d'entre Meurthe-et-Rhin, ne perd jamais la foi dans des jours meilleurs. Les moindres fans de politique générale la passionnent et l'enflamment. Elle observe et commente. Elle s'émeut de choses qui, dans d'autres circonstances, la laisseraient indifférente. Les échecs que subit son vainqueur l'affermissent dans sa résistance. Elle devient, au pied du conquérant, un boulet dont le poids l'entrave et le fera choir.

L'heure psychologique est passée. L'Alsace-Lorraine ne se germanisera pas I

J'ai quitté ces patriotiques provinces avec la ferme conviction que leur amour pour la France, loin de diminuer, s'est encore accru. Elles ont l'ardente volonté de ne jamais devenir allemandes et subiront, sans se plaindre, patiemment, aussi longtemps. qu'il le faudra, la dure nécessité d'obéir au vainqueur. Les Alsaciens-Lorrains auront les yeux fixés sur l'horizon, jusqu'à ce que notre étoile se lève.

J'ai foi comme eux dans cette aurore.

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