‹ Le Rhin francaisChapitre 50 sur 166 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

voie circulaire complète, indépendamment de la voie militaire des forts qu'on établirait en moins de quarantehuit heures. Joignez à cela des plaines immenses permettant aux armées de manœuvrer, une quarantaine de villages dont quelques-uns très importants, des voies de communication excellentes, les têtes de ligne des chemins d'Alsace et la certitude pour la garnison d'être renforcée, grâce aux chemins badois, avant tout investissement.

N'est-ce pas le cas de rappeler qu'au mois 'd'avril 1867 le général Ducrot, commandant la 6' division militaire, avait adressé au ministre de la guerre une note très importante sur la défense de Strasbourg, au moment où des bruits de guerre avec l'Allemagne commençaient à circuler? Il exposait que si la lutte venait à s'engager tout à coup, sans préparation, l'ennemi détacherait un ou deux corps, c'est-à-dire de 30,000 à 50,000 hommes, dans le but de renfermer la garnison de Strasbourg dans ses ouvrages, de s'emparer des villages qui forment les faubourgs de la ville et de rendre ainsi l'investissement complet.

Dans de telles conditions, un bombardement réussirait probablement et amènerait la prompte reddition d'une ville de 80,000 âmes.

(( Il en serait tout autrement, ajoutait le général

Ducrot, si nous nous mettions en mesure d'occuper fortement tout d'abord les hauteurs d'Hausbergen, de Mundolsheim et la tête des principaux villages qui entourent la place et se relient avec elle par d'excellentes voies de communication concentriques. »

On se garda de donner suite aux rapports du général Ducrot, et c'est, en effet, avec 50,000 hommes, 108 pièces de campagne et 240 pièces de siège que le général de Werder vint mettre le siège devant Strasbourg.

Quelques jours après mes excursions autour du camp retranché , j'ai pu pénétrer un matin dans l'un des principaux forts allemands. On n'attend pas de moi que j'en fasse la description intérieure, ni même que je le nomme. Ce serait, d'ailleurs, mettre en péril un ami dévoué. Mais l'histoire est connue des Strasbourgeois, et je ne pouvais la passer sous silence. Le fait s'est produit plusieurs fois et n'a rien de bien extraordinaire. Il prouve, en tout cas, que nos voisins ne se gardent pas mieux que nous et que la population de Strasbourg est toujours prête à aider les Français dans leurs investigations.

Ma curiosité a été pleinement satisfaite. Je suis entré dans les chambrées prenant jour sur de véritables puits, où le soldat ne respire qu'un air méphitique, et j'ai arpenté les cours intérieures suant

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