‹ Le Rhin francaisChapitre 53 sur 166 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

sien s'est accordé un délai d'une année, et c'est seulement le l'"^ janvier ISlk que les pays conquis ont été représentés au Reichstag.

Pour se rendre compte des échecs sans nombre subis par l'administration allemande dans ses tentatives de germanisation, il suffira de se reporter aux débats qui eurent lieu au sein du Parlement allemand quand la loi de réunion à l'empire fut promulguée. M. de Bismarck affirmait alors que le régime nouvellement inauguré ne pouvait être que transitoire. L'Alsace-Lorraine, sous la domination française, avait été écrasée par la centralisation à outrance, il fallait lui faire goûter aussi vite que possible les bienfaits d'une large et complète autonomie. Le pays d'empire aurait sa constitution propre et sa diète particulière. En un mot, on promettait tout à l'Alsace-Lorraine. C'est alors qu'un parti très faible, il est vrai, mais remuant, se confia au chancelier de l'empire et plaida sous le nom d'autonomie les circonstances atténuantes.

Mais M. de Bismarck, au moment où il se déclarait l'avocat de l'Alsace-Lorraine, au moment où il promettait solennellement aux Chambres allemandes et aux délégués des populations de faire bénéficier les pays de la rive gauche du Rhin des institutions dont jouissent Bade, la Bavière, la Saxe, le Wur-

temberg, espérait, comme l'empereur Guillaume, comme les souverains allemands, comme les publicistes d'outre-Rhin, que Tassimilation se ferait promptement une fois les mauvais éléments partis ou expulsés. Par mauvais éléments, M. de Bismarck entendait naturellement les amis de la France. 159,7/iO Alsaciens-Lorrains avaient opté pour la nationalité française. Ne pouvait-on espérer se concilier assez facilement ceux qui s'étaient vus contraints de rester dans le pays ? Avec des mesures décisives, comme l'interdiction immédiate de la langue française et l'appel sous les drapeaux des conscrits alsaciens-lorrains, en élevant une muraille morale entre la France et les pays conquis par une surveillance constante de la frontière et la suppression de toute liberté de presse, on obtiendrait au moins l'indifférence et la passivité de populations fatiguées et désireuses de réparer les pertes subies pendant la guerre. De bons fonctionnaires dans tous les. services, une police bien organisée, l'état de siège en permanence, c'était plus qu'il n'en fallait pour permettre à la Prusse de se départir, le l^»- janvier 1873, de rigueurs devenues inutiles. On prendrait ses précautions, sans doute, mais on pourrait proclamer, à la face de l'Europe, sans crainte de démenti, que la réconciliation était faite entre

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