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CHAPITRE VIII

des arcs de triomphe. Ce n'était pas pour eux une mince affaire que dorganiser, sans le concours de la population, une représentation de gala au théâtre, une retraite aux flambeaux avec toutes les musiques de la garnison, une illumination aux feux de Bengale de la haute tour de la cathédrale, un banquet municipal, un défilé de paysans enthousiastes dans les costumes du moyen âge, l'aller et le retour en grande pompe vers THippoirome de Kœnigshoffen le 19, jour de la grande revue.

' Les manœuvres de corps d'armée avec un ennemi marqué et division contre division devaient commencer à partir du 20 septembre. Aussi les étatsmajors procédaient-ils avec une ardeur extraordinaire aux manœuvres préparatoires. Tous les matins avaient lieu, de six heures à onze heures, au polygone, les manœuvres de brigade.

Le polygone, situé à trois kilomètres de la ville, au delà du joli village de Neudorff, est un champ de manœuvres très bien disposé, divisé en deux parties d'inégale importance, séparées par une rangée dé buttes assez élevées. Deux brigades opposées l'une à l'autre peuvent facilement, sur un pareil terrain, simuler sans trop d'invraisemblances, une opération de guerre, surtout, ce qui est ici le cas, quand la défense, concentrée sur les buttes du polygone, laisse

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à l'attaque les trois quarts de la superficie de ce champ de bataille improvisé.

L'autorité militaire se préoccupant fort peu des convenances des habitants, dès cinq heures du matin les musiques et les fanfares retentissent d'un bout à l'autre de la ville. Les troupes se dirigent au pas de route cadencé, sous la conduite de leurs sous-officiers, vers leurs emplacements de manœuvre, par la citadelle et les portes de l'Hôpital et d'Austerlitz (lisez aujourd'hui Metzger-Thor ou porte des Bouchers). Il serait temps, je crois, avant de suivre ces régiments au polygone, de dire quelques mots de l'organisation militaire en Alsace-Lorraine.

L'armée d'occupation d'Alsace-Lorraine, conceDtrée dans les grandes places de Strasbourg et de Metz et dans les garnisons ordinaires, telles que Thion ville, Colmar, Mulhouse, Schlestadt, Sarrebourg, Sarreguemines, Haguenau, Altkirck, Neuf- Brisach, Phalsbourg, Sarreguemines, Saint-Avold, est formée par le 15'= corps de l'armée allemande. Sa constitution est toute spéciale.

En effet, il ne comble pas ses vides par le recrutement local, comme cela existe pour les autres corps allemands, et se voit contraint, par sa situation sur la frontière française et le grand nombre des points

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