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CHAPITRE VIII

personnel de l'artillerie, nous arrivons à un total de 27,000 hommes pour les troupes résidant en Alsace- Lorraine.

C'est fort peu de chose, si l'on considère qu'il faut que le général de Fransecky assure la défense des deux immenses camps retranchés de Metz et de Strasbourg. Tel a été l'avis du feld-maréchal de Moltke dans sa récente tournée d'inspection. Les journaux allemands ont déjà annoncé que le corps d'occupation renforcé d'une division formerait bientôt deux corps d'armée, l'un pour la Lorraine , l'autre pour l'Alsace. Le doyen des généraux de l'armée .'illemande s'est également étonné de la faiblesse relative de l'enceinte de Strasbourg et des défenses de quelques petites places. De nouveaux millions arrachés au Reichstag serviront prochainement à combler ces lacunes.

Le 2 septembre, parti de bon matin de Strasbourg, à cheval, suivi du domestique d'un de mes amis, ce qui me permettait de passer pour un propriétaire des environs, je parcourais le polygone avant l'arrivée des troupes, toléré sur le champ de manœuvre par les hommes de garde chargés cependant d'éloigner les importuns: c'était, au reste, une mesure inutile, car ce jour-là, bien que le temps fût splendide, je ne rencontrai que deux étrangers, un Anglais

et sa femme, munis d'excellentes longues-vues, et quelques paysans flâneurs.

A l'entrée du polygone se dresse une colonne élevée à la mémoire de Kléber et dont les abords sont ombragés par de magnifiques platanes. C'est là que je m'installai d'abord pour voir défiler les troupes de près.

Les trompettes m'annoncèrent bientôt l'arrivée de deux escadrons du régiment de uhlans Sleswig- Holstein n° 15 : soixante-cinq hommes par escadron, chevaux ardents. Le colonel de Schulten dirigea son détachement sous la feuillée, à droite du champ de manœuvre, prenant les positions indiquées sur le dispositif. Le bataillon du train, également n° 15, commandé par le major Ramdor, la voix la plus criarde que j'aie jamais entendue, passa au petit trot: 48 chariots à 4 chevaux. Peu après, un régiment d'infanterie, le 1"" rhénan, n° 25, colonel Hiilsemann, défila en ordre parfait, suivi à peu de distance par la plus grosse fraction du régiment d'artillerie de campagne n" 15. Ces batteries franchirent au galop l'espace compris entre l'entrée du polygone et la position qui leur avait été indiquée. Je remarquai la promptitude avec laquelle, dès que l'allure devenait plus rapide, les servants se hissaient trois sur Tavant-train et deux sur les petits sièges dis-

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