‹ Le Rhin francaisChapitre 78 sur 166 · CHAPITRE MIL U · texte numérisé non relu

CHAPITRE MIL U

posés entre les roues et la pièce. C'est que les artilleurs allemands ne sont pas gênés, comme les nôtres, par leur armement et leur équipement. Ils ne portent en effet que le sabre d'mfanterie.

Je regardais le régiment d'infanterie n° 25 passant auprès de moi, et je comptais les files de cinq hommes. 11 y avait de 535 à 560 hommes par bataillon, soit à peu près 137 hommes par compagnie. Tous les bataillons des autres régiments m ont semblé à l'œil posséder à peu près le même effectif, sauf un bataillon de chasseurs qui comptait 700 hommes présents.

Cependant l'heure de la manœuvre approchait^ les régiments envahissaient le polygone soit par la route de Neudorf, soit par celle de la citadelle.

Le général commandant le 15^ corps, de Fransecky, était arrivé sur le terrain accompagné du colonel d'état-major de Werder, et d'un officier d'ordonnance uhlan. Il était suivi de deux cavaliers d'escorte. Le général de division Ziemietzky et les brigadiers se tenaient déjà à leur poste, absolument isolés, ne conférant pas entre eux, méconnaissables.

Les maniements d'armes étaient accomplis avec

une netteté, un ensemble merveilleux et sans aucun

bruit de fer ou de bois; mais les officiers supérieurs

'en abusaient pas. Ils préféraient manœuvrer, quitter

et reprendre les formations de combat, recommencer les mouvements mal compris.

Ici la critique est plus à son aise. Sans parler du désagréable frappement de pied au départ, il m'a semblé que les ploiements étaient assez lourdement exécutés, que les officiers ne laissaient pas assez de jeu aux soldats pour les mouvements du corps et qu'il y avait parfois des pêle-mêle d'un quart de minute dans les compagnies, dont l'effectif était cependant moitié moindre que le complet de guerre. L'artillerie évoluait avec une rapidité très remarquable, mais elle n'aurait pu soutenir la comparaison avec la nôtre. Le train exécutait de véritables tours de force.

Un signal venait d'être donné. Les régiments prenaient maintenant avec promptitude leurs dispositions de combat.

Des colonnes de compagnies occupaient toute la largeur du polygone, à intervalles égaux. Quatre bataillons étaient massés derrière chaque aile, un fort bataillon de chasseurs se tenait en réserve. Ces troupes, qui avaient environ douze cents mètres à parcourir avant d'aborder les buttes qu'elles avaient mission d'enlever, se mirent en mouvement dans le plus grand ordre, les compagnies en premièreligne d'abord. Celles-ci se déployèrent en deux échelons

Page 1