‹ Le Rhin francaisChapitre 93 sur 166 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

culation. Ce chemin emprunte la ligne Strasbourg- Avricourt, sur un parcours de 68 kilomètres, jusqu'à Rieding, près Sarrebourg.

En se détachant de la grande artère, avant d'arriver dans cette dernière ville, le chemin de Metz abrège quelque peu la distance et évite les manœuvres qui occasionnaient autrefois de longs retards. 11 se dirige vers le nord, en descendant la vallée de la Sarre, parallèlement à la route de Sarrebourg à Fénestrange, jusqu'à Berth-Elmingen. A partir de cette station, la voie s'incline vers le nord-ouest pour atteindre Bensdorf, puis l'ancienne ligne de Sarreguemines, enOn Metz, par Rémilly et Courcelles. De belles stations en pierre rouge des Vosges, spacieuses et bien organisées, ont été construites, mais le transit est à peu près nul. Dans toute la partie comprise entre Sarrebourg et l'ancien tracé de partage des départements de la Meurthe et de la Moselle, on se trouve sur la limite des patois français et allemands.

Je remarquais cependant, pendant ce rapide voyage, que toutes les personnes qui montaient dans le train ou en descendaient s'exprimaient dans notre langue.

Il n'est peut-être pas inutile de dire, à ce propos, quelques mots de la question, si peu connue en France, de la séparation des langues, ou plutôt des

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patois, puisque toutes les villes des provinces conquises parlent le français. Si nous prenons la ligne frontière qui sépare la Haute-Alsace du département ; des Vosges, c'est-à-dire la chaîne des montagnes, nous rencontrons d'abord, de l'autre côté de cette ligne, un large empiétement de la langue française 'sur le versant alsacien. Les vallées de Sainte-Marieaux-Mines, d'Orbey, de Schirmeck, pour ne citer que celles-là, n'ont jamais été pénétrées, sauf dans leurs parties les plus inférieures, par le patois germanique. Il y a, sans compter la population urbaine d'Alsace, 80,000 paysans de langue française de l'autre côté des Vosges. Vers Phalsbourg, au contraire, le patois germanique déborde sur la Lorraine. La limite des langues se dirige ensuite vers le nordouest, comme la ligne Sarrebourg-Metz, et, se relevant encore, touche la Moselle entre Metz et Thionville. Selon M. Charles Grad, député de Colmar au Reichstag\ la statistique officielle allemande donne, pour la Lorraine annexée, 381 communes peuplées de 175,000 habitants, entièrement français de langue et d'origine. Il y a donc 255,000 Alsaciens-Lorrains conquis, ignorant absolument la langue allemande. Ces chiffres ayant excité ma curiosité, j'ai voulu pousser plus loin cette étude. J'ai acquis la certitude

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