CHAPITRE X
Les couleurs nationales étant proscrites, on pouvait lire sur une haute oriflamme de crêpe noir ces mots brodés en lettres d'argent par des doigts français : a Aux enfants de la France morts pour la défense de la patrie. »
Quel sombre recueillement 1 quelle lourde tristesse ! quel deuil patriotique I Jamais je n'oublierai ce navrant spectacle. Neuf années, pourtant, neuf longues années se sont écoulées depuis l'heure fatale de la conquête, et les Lorraines ont encore des larmes à répandre. Ah ! celles-là ont élevé leurs tils dans ridée du sacrifice suprême. L'avenir les trouvera fortes. « La haine, écrivait un Allemand, s'est accrue de mois en mois, de semaine en semaine, de jour en jour. Les parents disent à leurs enfants : « Détestez ces Prussiens, retirez-vous de leur chemin, évitezles tant que vous pourrez.... Vengez-nous d'eux le jour où la France se lèvera pour nous affranchir de la servitude prussienne ^ » Le temps passera, les générations se succéderont, et Metz restera la ville souffrante, la cité captive. Elle aura sans cesse les regards tournés vers l'avenir et continuera à appeler de tous ses- vœux l'heure marquée par le destin.
Rien de simple et d'imposant à la fois comme le