CAUB
tournoi donné par Tarch evêquede Cologne, un chevalier étranger attira par sa haute mine les regards de toutes les dames et la sage Guta elle même ne put s'empêcher d'éprouver pour lui une forte inclination. Personne ne le connaissait; on savait seulement qu'il était chevalier. Le beau visage de Guta n'avait point échappé aux regards du bel inconnu et lui aussi sentit Tamour pénétrer dans son cœur. Après le tournoi, au moment où il passait à cheval sous le balcon occupé par les dames, la jeune fille laissa tomber son gant. Il le ramassa en jetant un regard interrogateur sur sa propriétaire rougissante et sur un signe de celle-ci, le mit à son casque. Peu après l'étranger fut invité au château et quoique son nom fut encore un mystère, Guta lui jura un amour étemel. Le chevalier partit avec la promesse de revenir bientôt. Mais les mois s'écoulèrent sans que Guta entendit parler du mystérieux inconnu et, perdant l'espoir de le revoir elle tomba gravement malade. C'était au tempi^ où on était divisé sur le choix d'un nouvel empereur. Les uns voulaient élire le duc Richard de Cornwall, les autres Alphonse roi de Castille. Tandis qu'Alphonse qui ne vint jamais en Allemagne perdait peu à peu ses partisans, le parti de Richard grossissait. Un jour le roi Richard se présenta au château de Caùb et déclara à Philippe qu'il venait épouser sa sœur. Etonné le comte se rendit au lit de Guta et revint peu après avec la réponse que sa sœur avait juré fidélité à un chevalier étranger et que par suite elle ne pouvait accepter la proposition de Richard.
«Donnez lui ce gant,« répondit le roi.
Aussitôt qu'elle le vit la jeune fille le reconnut pour le sien et les deux amants réunis étaient dans^ les bras l'un de l'autre. Le comte en l'honneur de sa sœur, surnomma son château Gutenfels, et Richard vécut
BACHARACH. ^g
avec sa belle épouse dans un bonheur complet jusqu' à sa mort arrivée en 1271.
Histoire. Au commencement Gutenfels près de Caub, s'appelait »Cube« c. a. d. manoir ou fort, et était la propriété du Gaugraf de Einrichs; plus tard il passa aux comtes de Niiringer, ensuite à la demoiselle douairière Wemer de Bolanden, Guda ou Jutta et en 1277, par le comte de Pfalz Louis II, à la maison comtale de I falz. Ce fut à Caub que Gustave Adolphe, roi de Suède, tenta vainement le passage du fleuve. En 1807 ce manoir fut vendu.
Caub a depuis les temps anciens d'excellents vignobles, qui y forent cultivés par Saint Théonésius. Dans les anciennes armoiries de la ville on voit St. Théonésius dans un tonneau.