VI. — L'ADULTE CLINIQUEMENT INDEMNE DE TUBERCULOSE ET LE RHUMATISME
Nous avons vu dans le dernier chapitre le rhumatisme sous ses différentes formes être en relation avec nombre d’autres localisalions viscérales du bacille tuberculeux. Le diagnostic de l’une des affections en présence était certain ; il fallait démontrer que la crise rhumatismale n'élait pas une simple coïncidence, mais qu’elle était en: relation étroite avec la tuberculose viscérale. Nous avons essayé d'établir des relations de cause à effet par la similitude ües caractères cliniques, de l’évolution, enfin par l'existence de preuves de laboratoire irrérutables. Nous
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avons vu que la plupart des crises élaient en corrélation avec des tuberculoses chroniques, très latentes parfois. voire fréquemment avec de simples scléroses pulmonaires. Il est évident que la grande majorité des crises rhumatismiales apparaissent chez des sujets ne présentant aucun Signe clinique de tuberculose. Le problème est alors plus complexe. I] s'agit de prouver qu'un rhumiaüisme primitif peut être tuberculeux quels que soient sa forme et ses caractères. Rien ne permet en effet de différencier cliniquement un rhumatisme tuberculeux qui fait sa preuve ,bactériologique d’un rhumatisme dit franc ; nous reviendrons sur ce sujet, en étudiant les caractères de chacune des formes du rhumatisme tuberculeux. La clinique elle-même déroute, et si ce n'était l'étude très fouillée des antécédents permettant de mettre en relief une bacillose ancienne parfaitement cicatrisée, ou de révéler une contamination familiale possible, rien ne permettrait, même de soupçonner la nature de la polyarthrite. Encore ces présomptions font-elles quelquefois défaut.
La plupart des adultes ont, au cours de leur existence, été exposés à une contamination accidentelle qui est restée ignorée et tous plus ou moins sont des mfectés tuberculeux latents ; on conçoit que sous une influence quelconque : défaillance passagère du « terrain », ou réactivation du virus tuberculeux, une manifestation bacillaire puisse commencer à évoluer. On se perd en conjectures sur son origine.
Cette détermination peut être une lésion pulmonaire facile à déceler et à identifier, mais elle peut être une crise rhumatismale. Si l’on n’y prend garde, elle sera
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identifiée comme un rhumatisme dit franc, — si l’on peut donner ce qualificatif à une affection qui ne signe pas sa véritable nature. |
Il faut donc bien savoir qu’un rhumatisme en apparence le plus banal est. parfois un rhumatisme tuberculeux.Nous avons vu ces rhumatismes apparaître chez des adultes sains, rester pendant de longues années sans autres symptômes que ceux du rhumatisme type Bouillaud, évoluer dans d’autres cas par plusieurs poussées d’allure clinique absolument classique, et signer par la suite leur véritable identité par une localisation viscéræe évidente. Mais il peut être très imprudent d'attendre l’irréparable pour étayer son diagnostic. Il faudra donc savoir se méfier de tout rhumatisme primitif, et essayer de déceler son origine par l'étude des antécédents et par les arguments biologiques que nous étudierons plus loin.
On ne peut tirer aucun argument en faveur de la nature tuberculeuse d’un rhumatisme, en invoquant l’existence presque constante de l'infection bacillaire latente. Mais on peut affirmer qu'un rhumatisme aigu peut parfaitement être bacillaire du fait de cette évolution cachée.
On a voulu opposer cette fréquence de la tuberculose latente ou cicatricielle à la rareté relative du rhumatisme. Mais ce n’est pas là un argument de bien grande valeur : autant opposer la fréquence de l'infection svphilitique à la rareté des arthrites spécifiques.
Le Ciagnostic étiologique d'un rhumatisme est donc des plus délicats, mais 1l n’est pas impossible : il suffit de mettre tout en œuvre pour l’établir. C'est ce que nous avons fait en presence du malade dont nous rapportons