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l'observation, et qui s'est présenté à nous, comme je type du rhumatisme articulaire aigu primitif.
OBs. XXXVII. — Inédite.
D... Gabriel, manœuvre, 30 ans. Le malade entre salle R. Lépine, à l'Hôtel-Dieu (service du P' A. Pic), le 17 mars 1932, pour une crise polyarticulaire aiguë.
Antécédents héréditaires : Père atteint de rhumatisme chronique goutteux, mort âgé d’hypertrophie prostatique. Mère morte à 64 ans d'affection pulmonaire aiguë.
Antécédents collatéraux : Famille de 16 enfants ; 7 sont vivants ; l’un des frères du malade est mort de tuberculose pulmonaire. Il aurait partagé le lit de ce malade, dès ses premières années, bien avant qu’apparaisse toute détermination bacillaire.
Marié, sa- femme est bien portante. Deux enfants vivants ; l’un d'eux est soigné à Giens pour du rachitisme.
Antécédents personnels : Nie la spécificité. Pas d’éthylisme. Vers l’âge de 8 ans se situent en même temps :
Une otite suppürée, dont l'écoulement ne s’est jamais tari.
Une adénopathie sous-maxillaire et carotidienne.
Peu après, une crise rhumatismale aiguë légère.
Le malade ira bien, pendant deux ans, mais son rhumatisme va réapparaître.
A 10 ans : Deuxième crise rhumatismale aiguë. Début par les articulations du membre inférieur, s'étendant ensuite aux épaules, poignets, coudes ; le malade ne prend pas sa température et reste imimobilisé pendant 4 mois. Ce n'est qu’au bout de ce temps qu'on lui donne du salicylate de soude par la bouche et qu’on lui fait des applications locales de salicylate de méthyle : heureuse influence de ce traitement. Guérison complète en 2 mois.
A 14 ans : Troisième crise de rhumatisme aigü. Début de la crise par une violente céphalée ; le lendemain, fluxions articulaires oui se généralisent vite ; traitement par du salicylate
Cr
à dose inconnue, qui amène un soulagement rapide ; évolution en plusieurs rechutes. Durée totale, 6 mois.
Depuis ce moment, apparition de douleurs articulaires légères, transitoires. Dès que le malade ressentait une douleur, il prenait du salicylate de soude, qui le soulageait instantanément.
L'affection actuelle a débuté, il y a 8 jours, très brusquement, par une angine très douloureuse, des douleurs au niveau du genou gauche et de la hanche gauche. Puis ces douleurs ont cessé, alors que l’art. scapulo-humérale droite se prenait.
A l'entrée, 17 mars 1932 : Malade pâle, assez amaigri, température à 38, pouls à 90, sueurs abondantes.
Les articulations du genou gauche, de la hanche gauche, de l'épaule droite, sont très douloureuses, à la moindre tentative de mobilisation. Le malade est figé dans son lit. Le moindre examen le fait beaucoup souffrir, il est très difficile de l’ausculter. Le genou gauche est très chaud, œdématié, et l’on perçoit très nettement du choc rotulien.
Gorge rouge, pharyngite légère.
Il existe un petit ganglion cervical à droite.
Cœur : Pas d’hypertrophie, pointe dans le V® espace, endedans de la ligne mamelonnaire. Rythme normal, pas de signes orificiels. Pas de frottement. Tension 12/8.
Poumons : Sonorité normale. Rien à la palpation. Auscultation : murmure vésiculaire normal. Aueun signe surajouté : pas de souffle, ni de signes parenchymateux. Quelques ronchus. \
Abdomen : souple, examen négatif.
Foie et rate non perçus.
Urines : ni sucre, ni albumine.
En somme atteinte de R.A.A. typique, chez un homme de 30 ans, qui en est à sa 4° crise, et qui ne présente pas de signes d’endocardite rhumatismale actuelle.
Evolution : Le lendemain de l'entrée, la température monte à 938,5, puis elle atteint 40 le 6° jour ; on ne donne du sali-
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cylate qu'à ce moment après avoir fait tous les examens de laboratoire : le 22 mars, 10 gr. de salicylate de soude sont donnés ; la fièvre tombe dès le lendemain, en 5 jours elle est redevenue subnormale, oscillant entre 37 et 37°5, les phénomènes fluxionnaires ont complètement rétrocédé.
Le malade est virtuellement guéri. Il est à noter, au cours de cette crise, une très grande mobilité des phénomènes fluxionnaires qui passent d’une articulation à l’autre en 24 heures sans laisser de traces.
Laboratoire. Crachats. Plusieurs examens sont négatifs.
Inoculation au cobaye, négative.
Le 21 mars. Réactions sanguines.
Réaction de Hecht, négative.
Réaction de Wassermann, négative.
Vernes. Résorcine : 24.
Sédimentation accélérée : 20 % en 2 heures.
Séro-agglutination de Arloing et P. Courmont + 1/5 + 1/10 + 1/15 + 1/20 + 1/30 + 1/40 — 1/50.
Déviation du complément antigène Besredka + 1 + 2 — légèrement positive.
On: pratique en outre :
Réactions à la tuberculine. Cuti-réaction : bras droit : iégèrement positive.
Le 21 mars : Intra-dermo-réaction, bras gauche.
Le 25 mars : L’intra-dermo-réaction à été très positive. Elle se présente actuellement sous la forme d’un énorme placard de 7/6 cm., surélevé, rouge, avec une zone centrale nécrotique. Elle a été suivie, dès le lendemain, d’une ascension de la température à 40, et d’une recrudescence très marquée des signes articulaires ; il a persisté notamment une douleur des plus vives au niveau de la hanche droite, empêchant tout mouvement.
Deux autres intra-dermo-réactions, faites dans la suite, au niveau des deux genoux, qui présentaient une atteinte particulièrement aiguë, ont été très positives ; elles ont été suivies d'une recrudescence des signes articulaires moins vive que
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celle qui a suivi la première intra-dermo-réaction faite au niveau du bras gauche. ;
Radiographie des genoux : négative.
Radioscopie : négative. (Poumons : hiles chargés).
Radiographie pulmonaire : tramite très marquée surtout au niveau de la base droite. Les deux sommets sont clairs, les deux bases libres, les sinus normaux.
Mais au niveau des hiles, il existe de nombreux ganglions.
‘ Certains d’entre eux présentent de véritables calcifications ; on retrouve au niveau de la base droite, à mi-chemin entre l’ombre cardiaque et la paroi thoracique, à quelques centimètres au-dessus du diaphragme, une calcification très nette, cicatrice probable d'une inoculation de l’enfance.
Inoculations au cobaye.
Cet examen nous fut rendu facile par l'existence d’hydarthroses assez volumineuses, nous pûmes retirer environ 25 cc. de liquide ; mais par contre, la mobilité des phénomènes articulaires fut telle, que nous dûmes saisir ces hydarthroses au moment précis de leur intensité maxima, car 24 h. plus tard, le genou était parfaitement sec.
Le 19 mars 1932, deux cobayes A et B reçoivent sous la peau de la cuisse, chacun 5 cc. de liquide articulaire retiré du genou gauche.
A la même date (température à 37°9), on inocule à un 3° cobaye C, 5 cc. de sang.
Le 21 mars 32. On inocule dans le péritoine de deux cobayes D et E, ? cc. de solution de phosphate de calcium précipité.
Le 23 mars 32. On inocule dans le péritoine des cobayes préparés D et E, 5 ce. à chacun, du liquide articulaire, retiré du genou droit.
Le 25 mars 1932 Le cobaye E est sacrifié : il existe une petite quantité de pus dans le péritoine, de petits abcès épiploiques, mais on ne trouve pas trace de bacille de Koch.
Le 29 avril 1932, soit 40 jours après les inoculations, on sacrifie les 4 cobayes À, B, C et D.