Réaction de Vernes
La réachion de Vernes, témoin assez fidèle de l'infection tuberculeuse d'un sujet, présente cependant des causes d'erreurs qu'il convient de connaître. Elle est en effet positive au cours de l'infection syphilitique, dans le cancer à la période cachectique, dans certaines maladies infectieuses.
Mais, ainsi que l'ont montré MM. LanGERoN et D Hour, CosrTe et FoRESTIER, elle donne des chiffres constamment supérieurs à 30, dans les rhumatismes chroniques, quelle que soit leur cause ; d'autre part, GERNEZ et BRETON la trouvent toujours positive dans la maladie de Bouillaud.
Comme la sédimentation globulaire, elle traduit l’état articulaire ou, plus précisément, l’activité lésionnelle d'une inflammation rhumatismale aiguë ou chronique, donnant cependant moins de précision que la réaction précédente ; d'autre part, les grandes pyrexies s’accompagnant souvent d’une séro-floculation rapide, 11 faudra savoir ne tabler que sur des chiffres relativement élevés.
Elle ne permet donc pas, en présence d’une affection polyarticulaire, dont le Vernes résorcine est positif, d'incriminer la tuberculose.
Mais le fait que cette réaction est constamment accélérée dans les maladies articulaires inflammatoires à lésions évolutives et productives, lui confère une valeur
pronostique assez grande, si l'on tient compte là encore, que la séro-floculation peut être voisine de la normale dans des atteintes de faible acuilé, mais à évolution grave.
D'une façon générale, ses oscillations, ainsi que l'a signalé M. LaxGEroN, reflètent assez bren, dans leurs variations, la lutte entre le malade et la maladie, et nous dirons, dans le cas particulier du rhumatisme tubercu-
leux, les oscillations entre la défense locale et l'infection,
bacillaire. Elle permet donc de construire une courbe qui aidera à suivre l’évolution de l’état articulaire.
En résumé’: la réaction de sédimentalion et la sérofloculation devront donc être établies de pair; leur valeur pronostique est grande, et leur signification diagnoslique peut se résumer par la proposition de GERNEZ, que Coste modifie ainsi : lorsqu'on à éliminé toutes les affectons aiguës fébriles (et sans doute aussi tous les états inflammatoires aigus), les principales maladies infectieuses ou parasitaires chroniques, enfin toutes les néo-formalions évolutives (cancer, tumeurs), si la réaction de Vernes donne des chiffres élevés, c'est qu'il s'agit de la seule maladie inflammatoire néo-formative, et d’observalion fréquente, à savoir la tuberculose.