CONCLUSIONS J
I. — Le rhumatisme dentaire est caractérisé par une inflammation du ligament alvéolo-dentaire, qui se manifeste par différents symptômes, dont les plus importants sont : la douleur à la pression et à la mastication, la sensation très nette d’allongement des dents due à la congestion du ligament, qui repousse la dent hors de son alvéole, la rougeur de la gencive, qui devient douloureuse, et très souvent, une fluxion, de siège variable, présentant son maximum le matin, et persistant trois ou quatre jours. Les douleurs spontanées rendent tout sommeil impossible. Les dents se mobilisent, et 1l n’est pas rare d’observer la formation d’abcès, donnant naissance à des fistules.
II. — Pour les Anglais et surtout les Américains, le rhumatisme dentaire serait susceptible de causer des septicémies latentes et torpides, capables elles-mêmes de se fixer sur un organe et d'y déterminer à la longue des lésions indélébiles, ils rapportent à cette étiologie : nombre d’endocardites, d’éruptions, de maladies nerveuses, de néphrites, de rhumatismes chroniques infectieux.
III. — [1 semble exister deux variétés de rhumatisme dentaire, de même symptomatologie, mais d’étiologie différente :
A. — Le rhumatisme dentaire, constituant la première manifestation d'un pseudo-rhumatisme infectieux, se développant par la suite, et qui peut en être considéré comme l’origine directe.
B. — Le rhumatisme dentaire, se manifestant au début ou au cours du rhumatisme articulaire, franc, généralisé, et n'étant que la localisation au niveau de l'articulation alvéolo-dentaire, du virus de Bouillaud.
PNR ADS
IV. — Sans ramener systématiquement au seul rhumatisme dentaire toutes les manifestations pathologiques infectieuses, il n’en reste pas moins vrai que l’examen de la bouche est une obligation pour le médecin et le chirurgien, qui pourront ainsi trouver des renseignements précieux sur l’étiologie d’une affection survenant en apparence sans raison.
V. — La thérapeutique du rhumatisme dentaire ne doit pas consister surtout, comme on le fait en Amérique, dans l'avulsion des dents atteintes, mais elle doit être bien plutôt conservatrice. On s’efforcera de sauver les dents, en redoublant de minutie dans le traitement des canaux, et en prenant toutes les précautions antiseptiques nécessaires. On complètera au besoin par l’usage des vaccins ou les cures dans certaines stations thermales.
Le rhumatisme dû au virus de Bouillaud sera traité par le salicylate ou l’antipyrine.
VI. — Une dernière obligation s'impose : c’est celle de l'hygiène buccale strictement observée :
Par les soins journaliers de la bouche.
Par des soins dentaires réguliers.
Le Président :