‹ Le Rhumatisme Dentaire: Ses deux variétésChapitre 15 sur 16 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

N’étant pas douteux que l'infection bucco-dentaire puisse avoir un retentissement sur l’état général et les divers organes, il est de toute nécessité pour le stomatologiste et le chirurgien-dentiste, de diminuer, dans la mesure du possible, les chances d'infection.

Il y a peu de temps encore, le traitement des dents consistait surtout dans l’extraction ou le seul traitement des caries, dont la pulpe n’était pas intéressée.

Logiques avec eux-mêmes, les Américains ont préconisé l’avulsion systématique de toute dent dévitalisée. À New- York, dans les cliniques, il est recommandé d’extraire toutes les dents sans pulpe, pour sauvegarder la santé des enfants. Ils décident que toute dent infectée ne doit plus être soignée si ce n'est par un spécialiste, muni d’un appareil de radiographie. Les couronnes, dents à pivot, obturations doivent être considérées comme de véritables « gold traps of septicis » (Hunter).

Bien des malades payèrent de leurs dents la conviction de leurs chirurgiens sans aucun bénéfice pour leur arthrite.

Il y a, dans la théorie américaine, une part de vérité, mais aussi une part beaucoup plus grande d’exagération. Il ne faut pas ramener systématiquement au rhumatisme dentaire et aux infections péri-apicales toutes les manifestations pathologiques infectieuses. Certes, elles existent mais elles ne sont pas aussi fréquentes qu'ils veulent bien le dire, et elles peuvent bien plutôt rentrer dans le cadre ordinaire des infections secondaires, favorisées par un état général déficient.

D'ailleurs, certains médecins américains eux-mêmes,

comme Mills et Anvers, ont protesté contre les théories de leurs collègues et, en particulier, contre la mutilation imposée à un jeune homme de dix-neuf ans, qui, atteint d’épilepsie, subit inutilement l'extraction de toutes ses dents.

Nous séparant nettement de la thérapeutique américaine, nous estimons, après Frey, Roy, Mendel, Rousseau- Decelle et Willam, que la thérapeutique conservatrice est de beaucoup préférable. Il faut redoubler de minutie dans le traitement, et pratiquer des dévitalisations aussi aseptiques que possible, en prenant toutes les précautions nécessaires : abri de la salive, usage d’antiseptiques parfaitement éprouvés : tel le tricrésol-formol, assèchement complet des cavités et des canaux, et contrôle radiographique.

« La clinique et la radiographie démontrent que des dents saines, dévitalisées aseptiquement dans un but prothétique, peuvent subsister indéfiniment, sans présenter trace d'infection apicale, à condition toutefois que l’ouverture de la dent et la pulpectomie consécutive aient été pratiquées avec les plus minutieuses précautions antiseptiques ».

Dans le cas de rhumatisme dentaire, dû au virus de Bouillaud, la thérapeutique ordinaire : salicylate antipyrine, fera disparaître les manifestations articulaires dentaires, au même titre que les autres manifestations rhumatismales des membres.

La seule concession utile est de lutter contre le patient qui exigerait le traitement d’une dent trop mauvaise, en présence d’un terrain débilité, sur lequel l'infection nous paraîtrait trop facile.

Ce traitement pourra être complété par une cure dans une station climatique, et en particulier à Bourbonne-les- Bains. La technique de Bourbonne consiste à intensifier les phénomènes de vaso-dilatation dans les foyers pathologiques, pour enrayer les processus en évolution et amplifier les activités réparatrices : on y réussit pour le rhumatisme dentaire par des bains de bouche répétés avec l’eau minérale chaude. Cette pratique des bains locaux doit être précédée du décapage des dents recouvertes de tartre pier-

reux, pour faciliter leur action au-dessous du collet sur le périoste des alvéoles des maxillaires.

Les résultats immédiats se traduisent par des gencives moins violacées, moins boursouflées au niveau des dents atteintes : elles se rétractent tout en se montrant plus adhérentes au périoste, qui, lui-même est plus ferme.

Quelques semaines plus tard, le malade constate avec sa- -tsfaction que ses dents atteintes sont plus stables et que leur déchaussement s’est atténué.

Gay rapporte plusieurs abservations de guérison. Les eaux de Bourbonne agissent aussi sur l’état général diathésique, et c’est une thérapeutique préventive, d’une sûre et puissante ressource,

Nous ne ferons que citer l'emploi des vaccins qui, utilisés suivant la méthode de Wright, ont parfois donné d’excellents résultats.

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