CHAPITRE II
ÉTUDE RADIOLOGIQUE
Les recherches radiologiques dont le rhumatisme psoriasique a été l’objet ont été d’un grand secours dans l’étude de la maladie. Elles ont apporté de précieux renseignements à une heure où nos connaissances anatomo-pathologiques demeurent bien incertaines.
La première observation radiologique, d’un certain intérêt sur cette question, se trouve dans un travail d’Adrian (1903) ; l’auteur a communiqué des clichés des mains et des pieds, reproduits au stade d’ankylose avec subluxation de presque toutes les deuxièmes phalanges. Mais c’est Belot qui en a donné la première description détaillée. Viennent ensuite les observations de Jeanselme, Darier, Wallenberg, Ledoux- Lebard, Nobl, Falk, Strom, Schumacher et Lauter, Zellner, Strauss, Audry et Ancian, Scholl, Rochlin et Schirmunsky, Curth. Enfin, Perrachia et M. Labbé,
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O8s. 11. — Décalcification considérable du squelette, pertes de substance importantes au niveau de la tête des métatarsiens partiellement détruite. Toutes les phalanges apparaissent plus ou moins soudées. On ne devine même plus les interlignes articulaires sépa-
rant les os du tarse.
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Décalcification du squelette, effacement des interlignes articulaires, lésions destructrives siégeant au niveau des épiphyses des phalanges; ankylose osseuse entre les 2° et 3° phalanges. Luxation de la 2° phalange du pouce.
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Boulin et Justin Besançon viennent récemment de rapporter des observations intéressantes illustrées de belles radiographies.
Si la littérature dispose de nombreux comptes rendus radiologiques, notons qu’elle ne possède qu’un nombre limité de clichés, maïs que tous réflètent les mêmes aspects. Le pourcentage d’altérations articulaires rencontrées par Rochlin et Schirmunsky et par Curth est très élevé et ne correspond pas au pourcentage donné par les auteurs classiques. Ceci peut s’expliquer cependant si nous considérons que ces derniers n’ont retenu que les altérations articulaires avancées avec destruction et ankylose.
Rochlin et Schirmunsky ont étudié la maladie du point de vue endocrinien et ils ont rapporté 18 cas de psoriasis sans lésions articulaires appréciables et chez lesquels l'exploration articulaire systématique donne 7 cas (39 %) d’altérations osseuses et articulaires. Ils rapportent de très belles radiographies montrant les diverses phases de l’arthropathie. Curth dans les mêmes conditions a exploré de façon systématique les articulations des mains, des genoux, des pieds, des coudes, dans 31 cas de psoriasis. Huit fois il a trouvé une altération osseuse plus où moins manifeste.
Selon Nobl et Remenovsky le début de la maladie ne se caractérise par aucune lésion visible à la radiographie ; il ne s’agit que d’un gonflement inflammatoire de la synoviale avec irrégularités de sa surface, épaississement et induration de la capsule articu-
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Ogs. 9. — Très grosse décalcification du squelette, la coque des métatarsiens et des phalanges apparaît diminuée, usure et destruction partielle de la tête des métatarsiens et des phalanges, ankylose osseuse des orteils. Exostose au niveau du métatarsien du gros or-
teil.
el le
laire, inflammation œdémateuse des tissus périarticulaires. Toutes lésions analogues à celles que l’on observe dans la papule psoriasique. Plus tard il se développe un état d’atrophie osseuse couramment dénommé à l’étranger type Sudex-Kienbock. L’os présente un aspect tacheté dû à une perte de calcium, les travées spongieuses deviennent plus étroites et plus rares, l'ombre de l'os s’éclaircit et devient plus transparente. Enfin apparaît la nécrose du cartilage articulaire, la destruction osseuse et tous les phénomènes secondaires habituels, destruction de l’os, déformation grossière des extrémités articulaires, raideurs osseuses.
De l’ensemble des observations que nous avons étudiées, il se dégage un type radiologique particulier, dont les aspects restent superposables, si l’on veut bien en distraire quelques détails, qui ne constituent que des modes réactionnels particuliers propres à chaque articulation.
Nous croyons que l’on peut en décrire trois aspects que l’on est tenté de considérer comme représentant les stades successifs de l’évolution de la maladie, bien que rien n’y autorise, ainsi que F. Bezançon et Mathieu Pierre Weil l'ont si justement fait observer.
Premier aspect : Au moindre degré l'exploration radiologique révèle une décalcification plus où moins importante prédominant au niveau des épiphyses. L’ombre osseuse diminue, mais les contours osseux restent nets, linterligne articulaire perd de sa netteté, de sa clarté habituelle.
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