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Deuxième aspect : Caractérisé par l’accentuation de l’atrophie osseuse, la décalcification est parfois si considérable que le tissu osseux présente une opacité à peine plus marquée que celle des parties molles avoisinantes qui, de ce fait, paraissent calcifiées. L’os présente tantôt un aspect tacheté, tantôt il est le siège d’érosions en coup d’ongle traduisant une perte de calcium ; les travées spongieuses deviennent plus étroites et plus rares ; le contour perd de sa netteté, il apparaît usé, rongé, en dents de scie : on voit de véritables petits copeaux qui ne semblent plus adhérer au corps de l’os que par une grêle attache. C’est l’état d’atrophie osseuse type Sudex-Kienbock.
Le pincement de l’interligne articulaire est plus accentué et les épiphyses apparaisent au contact l’une de l’autre.
C’est au niveau des petites articulations phalangophalanginiennes, métacarpo-phalangiennes que ces lésions prédominent, les articulations du carpe et du tarse sont en général moins touchées.
Des luxations variées complètes ou incomplètes peuvent parfaire cet aspect. Elles s’observent de préférence au niveau des articulations des mains et des pieds. Elles sont particulièrement fréquentes au niveau des dernières phalanges qui peuvent occuper entre elles les positions les plus diverses.
Cependant les grosses articulations ne sont pas indemnes de ces déformations ; Audry et Ancian ont rapporté une observation de luxation du genou.
Troisième aspect : Aux lésions précédemment dé-
crites, peuvent s'associer des ankyloses par soudure osseuse. Il se constitue une véritable fusion au niveau des épiphyses qui sont dans le prolongement l’une de l’autre sans qu’il soit possible de déceler la moindre
FiG. 7
O8s. 2. — Génou droit : importante décalcification osseuse, on devine l’interligne articulaire. La rotule est au contact des condyles fémoraux.
trace de l’ancienne articulation, même sur des radiographies faites de profil.
Par contre les néoformations osseuses : exostoses,
ostéophytes, si caractéristiques de la phase hyperpla-
TE
sique des ostéo-athrites hypertrophiques, ne sont qu'exceptionnellement rencontrées dans le rhumatisme psoriasique et ne peuvent être considérées que comme un mode réactionnel anormal ou particulier à chaque articulation. En général tout se réduit à la formation d’ecchondroses localisées aux bords marginaux de l'articulation et qui par leur coalescence réunissent les deux extrémités de l'articulation. Il est rare également de rencontrer un processus d’ossification des tendons et des ligaments, ce n’est pas dans la note habituelle de l'affection. Ce fait est cependant signalé par quelques auteurs, en particulier par Belot, qui a observé chez un de ses malades l’ossification du tendon rotulien, la rotule se prolongeant par un véritable éperon. Les « becs de perroquet » sont pour le moins exceptionnels, par contre des calcifications ligamentaires s’observent au niveau de la colonne vertébrale où elles peuvent donner naissance à des aspects radiologiques de spondylose rhizomélique, ce qui confire les constatations de F. Bezançcon et Mathieu Pierre Weil concernant la modalité réactionnelle propre à l'articulation intéressée.
Ces aspects radiologiques opposent le rhumatisme psoriasique à la polyarthrite symétrique progressive qui ne s'accompagne pas d’une décalcification aussi importante du tissu osseux. La rareté et le peu d’importance des néoformations osseuses, exostoses, nodosités d'Heberden, ostéophytes le distinguent de l’ostéoarthrite hypertrophique.
Par contre les caractères que nous lui avons sans
cesse reconnus : grosse décalcification, diminution
des espaces articulaires, usure osseuse, perte de