‹ Le Rhumatisme Tuberculeux dans les Tuberculoses CutanéesChapitre 18 sur 20 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Diagnostic. —- Pronostic. — Traitement.

Etant donné un individu porteur de manifestations tuberculeuses du côté de la peau, comment pourra-t-on affirmer que les arthralgies, les arthrites aiguës, subaigues ou chroniques qu'il présente sont de nature également tuberculeuse. II faut avouer que souvent l'affirmation est difficile parce que la clinique étudie des malades et non des maladies et qu’une affection évolue souvent très différemment, suivant les cas. Cependant on doit envisager plusieurs points et le clinicien, dans ces conditions, devra toujours se demander :

1o S'il a affaire à du rhumatisme articulaire et si la lésion qu'il observe intéresse bien les surfaces articulaires, les ligaments ou la synoviale et non pas un point plus ou moins distant de cette articulation qui, à distance, retentirait sur elle et, pour cela, un excellent signe sera la douleur au niveau même de linterligne articulaire avec indolence relative aux points d'insertion des ligaments L'apparition d'une hydarthrose, la constatation de craquements à l’occasion des mouvements aideront à faire le diagnostic et de cette façon, on ne rapportera pas les troubles observés à un foyer ostéomyélitique, une ostéite, une carie ou aux douleurs de croissance des adolescents.

90 Est-ce un pseudo-rhumatisme? Pour résoudre cette question que devra se poser le médecin, 1l nous parait indispensable de faire appel à l’enseignement de M, le pro-

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fesseur Bondet. Toute attaque de rhumatisme, dit-il, qui n’est pas jugulée ou profondément modifiée en quatre ou cinq jours par l'administration quotidienne de 4 grammes de salicylate de soude ou d’antipyrine est un pseudo-rhumatisme. En effet, il convient de considérer ce médicament comme la pierre de touche du diagnostic.

40 Ce pseudo-rhumatisme est-il tuberculeux? Ici la réponse est difficile à faire. Bien souvent on ne sera mis sur la voie du diagnostic que par la constatatiou d’un lupus ou d’une manifestation tuberculeuse. D’autres fois, l'apparition d’une lésion surajoutée, lextension plus grande des lésions déjà existantes, ou la généralisation d’une bacillose, évoluant jusqu'alors d’une façon torpide, montreront qu’on ne s'était pas trompé. Mais :l est dangereux d'attendre souvent pareille confirmation, et on peut relirer un avantage considérable d’un diagnostic posé d'une façon précoce. Pour le faire avec sûreté, il est des moyens que le laboratoire metà la disposition du clinicien: examen cytologique du liquide épanché avec une mononucléose prédominante, la séro-réaction de Arloing et Courmont dans les cas douteux, l’inoculation au cobaye des exsudats articulaires, bien qu’elle ne donne pas tou- Jours de résultats, même chez les tuberculeux avérés. Mais tous ces moyens n’ont pas une valeur absolue et leur emploi, il faut en convenir, est souvent difficile, voire même dangereux (réaction à la tuberculine). Aussi, très souvent devra-l-on s’en tenir à des probabilités plutôt qu’à des certitudes, et l’évolution elle-même de la maladie ne permet pas d’être plus affirmatif. Mais en tous cas, il faudra y songer, et quand on se trouvera devant un malade atteint d’un lupus ancien ou étendu, que ce malade pré-

ts Lu sente ou non des signes de tuberculose localisée ailleurs, on devra se dire que probablement les douleurs et les symptômes qu'il accuse dans les jointures sont des modalités du rhumatisme tuberculeux, et on devra le traiter comme tel.

Le traitement sera à la fois général et local.

a) Général, il comprendra le soleil, la suralimentation, l’aération, le repos comme mesures hygiéniques. L’arsenic dans les formes fibreuses et apyrétiques, rendra des services On y associera des reconslituants, huile de foie de morue, préparations phosphatées.

b] Local. Nous avons constaté les bons effets du traitement du lupus employé à PAntiquaille, par M. le Pr Gaillelon : scarifications ignées, tous les cinq jours environ et applications consécutives de solution aqueuse d’acide picrique à 4 ou 2 pour 100. Les résultats sont excellents quand on a affaire à un lupus étendu en surface plus qu’en profondeur. L’immobilisation, les pointes de feu, les bains de lumière auront raison des phénomènes articulaires.

Nous ne voulons point du reste insister sur cette parlie qui a été traitée par notre camarade, le Dr Péchiné, dans sa thèse: Rhumatisme tuberculeux primitif (Lyon,1903). Le pronostic ne nous arrêlera pas plus longtemps, il ne présente rien de particulier. Il est subordonné aux conditions dans lesquelles vit le malade, à son hérédité plus ou moins chargée, son âge et à l'influence du traitement. De plus il semble que le rhumatisme tuberculeux, survenant chez un porteur de tuberculides, soit d’un pronostic plus sévère que chez un lupique : lankylose est fréquente.

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