C... (Eugénie
Entrée salle Saini-Ferdinand, le 25 mars 1907.
Parents bien portants ;: ont eu quatre enfants, dont l'un est mort à 15 jours, d'affection inconnue.
Rien à noter pendant l'enfance de la malade.
En novembre 1906, elle aurait eu une éruption d'urticaire.
Au mois de novembre 1906, elle présenta pendant 15 jours des malaises généraux avec fièvre et d’ailleurs vagues dans les articulations des bras. Elle aurait gardé le lit pendan! ‘ cette période.
Depuis, elle ne présentait aucun trouble morbide, ni aucune poussée rhumatismale.
Vers le 10 mars, apparaît de la dyspniée.
A l'entiée, l'enfant était très dyspnéique, on comptait 70 respirations par minule : un peu de jeu des ailes du nez.
La pointe du cœur est difficile à localiser ; on sent, dans le quatrième espace, un centre de battements : mais, 61 dehors et en-dessous, il existe une large zone mate et douloureuse, au niveau de laquelle la main perçoit des frotlenients systoliques.
A l'auscultalion, frottements péricardiques très nets, dans la région de la pointe et au foyer lricuspidion, avec souffle systolique se propageant dans l'aisselle. |
Pulsations énergiques des vaisseaux du cou ; pouls rapide à 120, régulier du côté des poumons ; Inalité de la base gauche et souffle expiratoire intense jusqu'à l'angle de l’omoplate.
Abolition des vibralions à la base, sans égophonie. Petit foyer de râles fins au niveau de l'angle inférieur de l'omoplate.
Base droite : Submatilé. Expectoralion mousseuse blanche, peu abondante pendant la première nuit: épistaxis
légère.
Foie un peu gros et douloureux ; pas de vomissements, pas de troubles de la déglutition, ni de hoquet ; léger œdème des malléoles ; aucun gonflement articulaire, aucune douleur dans les mouvements des membres.
En somme, orthopnée avec angoisse et douleurs lancinantes continuelles &u niveau du cœur, battements forts et rapides. Un peu d'agitation.
Comme traitement, on fait une piqüre de caféïne, des inhalations d'oxygène et des injections de salicylate de soude (1 gr. à 2 gr. 50).
Le:27; on sent la pointe dans le 6° espace ; on note les inèmes signes avec propagation du souffle dans le dos ; matité et abolition des vibrations aux deux bases. L'enfant présente une expectoralion. albumineuse ; la température oscille entre 3809 et 3996. À
Le ?9, amélioration subjeclive : le pouls est à 136, la. respiration à 58.
Dans la nuit du 30 au 31, agitation ; l'enfant se jette à droite, à gauche, se tient souvent penchée en avant. Elle se plaint d'avoir faim ; la figure est très pâle, la dyspnée vive ; chute progressive de la température à 3895. le 29, 38° et 3108 le 30.
Le 31, à midi, l'agitation augmente encore : l'enfant n'accuse aucune douleur, ne présente ni cyanose ni œdème. Dans la soirée, les mains deviennent glacées, la cyanose apparait et la malade meurt.
Voici les injections de salicvlate de soude pratiquées :
Le 26 mars, 0 gr. 50;
Le 27 mars, 1 gramme ;
Les 28, 29, 30 et 31 mars, ? gr. 50.
L'enfant n'avait pas d’albumine dans les urines.
Autopsie : Cœur gros pesant 430 grammes : péricarde contenant 50 gr. environ ‘de liquide citrin ; feuillet pariétal épais de deux millimètres environ ; feuillet viscéral couvert d'un dépôt fibrineux abondant.
Au niveau de la mitrale, végétations de date relativement ancienne, occupant le bord des valves, la zone sus jacente étant déjà détruite. Sur les orifices aortiques et tricuspidiens, petites végétations plus jeunes, n'occupant pas l'extrémilé libre de la valvule, Rien à la tricuspide. Orifice mitral insuffisant ; orifice aortique suffisant.
Foie cardiaque, gros ; aspect muscade typique.
Rate petite.
Poumons : pas d’épanchement notable ;: congestion des deux côtés. La base gauche présente un parenchyme densifié, avec de pelits grains noirs qui flottent sur l’eau.
Reins un peu congestionnés se décortiquant bien.
Examen histologique du myocarde : couches de fibrine multipies et très épaisses sur le bord del la coupe ; les fibres myocardiques sous-jacentes sont aliérées : la striation transversale à disparu de beaucoup de points, les fibres myocardiques sont élirées avec des noyaux très abondants et volu- mineux ; vacuoles multiples dans les champs de Conheim, entre les faisceaux musculaires ; sous le péricarde, il existe un peu de tissu conjonctif.
UBSERVATION III