‹ Le Rhumatisme Viscéral Primitif Chez l'Enfant Existe-t-il ?Chapitre 8 sur 16 · MT TRE · texte numérisé non relu

MT TRE

Au début de novembre 1906, douleurs diffuses le long des membres inférieurs, surtout marquées àux chevilles, puis aux cuisses ; fièvre probable par périodes.

L'enfant ne s'est jamais alitée : depuis le 15 novembre, apparition de la dyspnée avec point de côté gauche.

A son entrée, la malade se plaint encore de douleurs vagues dans les poignets, les épaules et les genoux, mais on ne conslate ni rougeur, ni gonflement, et les mouvements provoqués sont à peu près indolores.

Au cœur, la pointe parait être dans le 5% espace, un peu en dehors de la ligne mamelonnaire ; léger frémissement après le choc de la pointe. Souffle systolique intense à ce niveau, avec propagalion dans l’aisselle et dans le dos. Au foyer tricuspidien, mouvement de va-et-vient, frottement péricardique surtout net dans l'expiration,

Dans la région mésocardiaque, éclat du deuxième bruit.

Pouls régulier, normal, 120 pulsalions à la minule.

Foie : dépasse d'un travers de doigt le travers costal, il est douloureux au palper.

Rate normale. Rien aux poumons.

Aucun trouble digestif, aucun œdème des jambes.

L'enfant pâlit dans la position assise el prendrait une syncope si on ne la couchait pas.

Pas de fièvre, pas d'albumine.

Gros cœur à l'examen radioscopique, le 7.

Le 8 décembre, on commence les injections de salicylate de soude’ : 0 gr. 50, le 8 ; 1 gramme, le 9 ; 1 gr. 50, le 10 : 2 grammes, le 11 ; 2 gr. 50, le 12 ; 3 grammes, le IEEE CHU le 14 ; 4 grammes par jour, du 15 au 20.

Le 20,on constate que le salicylate de soude est bien toléré ; l'enfant n'accuse plus aucun malaise, le frottement péricardique a presque disparu, le souffle systolique est toujours intense, pourtant on ne l'entend pas dans le dos.

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Température assez régulière, atteint parfois pourtant 3801, le soir. ;

Le 21, gros disque d'albumine qui disparaît le lendemain.

Du 22 au 26, la courbe thermique s'élève jusqu'à 3806 ; en même temps, apparition aux deux mains, sur le front et dans les cheveux, de nodules de Meynet en grande abondance, qui disparurent presque tous du 26 au 29 décembre.

Le 29 janvier, poussée thermique due à la grippe.

Défervescence le 5 février.

Du 6 au 15, la température se maintient à 38°5, sans {roubles fonctionnels, ni douleurs, ni palpitations, ni oppression, ni toux.

Du 16 au 28, température nrégulière, subfébrile, ne dépassant pas 3802.

Depuis le 28, la température oscille entre 38° et 39° ; anorexie, tristesse, accélération des battements cardiaques pointe dans le 6% espace, à 2? centimètres de la ligne mamelonnaire ; frémissement systolique très net: souffle systolique intense. Rythme de galop au foyer tricuspidien, 152 pulsations et 44 respirations à la minute, pas d'œdème fibial. On découvre encore quelques nodules de Meynel sur les doigts.

Le 21 janvier, on reprend les injections de cAEyIaté (0 gr. 59) ; apparition de nausées.

Le 1% février, on injecte 1 gramme ; le 2, 2 grammes

Le 5, une injection de 2? grammes est suivie des mêmes accidents ; pas de vertiges, pas de bourdonnements, pas de fièvre. Cœur très rapide : 160 pulsations très régulières et 44 respirations à la minute ; enfant très pâle. Foie dépassant le rebord costal de la largeur de la main ; pas d'œdème des Jambes.

Le 4 février, hémoptysie légère,

Le 5, trois hémopéysies, dont une d'environ 50 granimes formée de sang rouge, non aéré, mêlé de trainées a

SE à EEE

Un peu d'obscurité de la base droite, mais pas de râles au moment de l’hémoptysie. Pouls à 183 ; respiration à 60.

Le 5, on reprend le traitement par le salicylate : 2 grammes, le 5 ; 4 grammes, du 5 au 13 février.

À partir du 5, les hémoptysies et les vomissements ont cessé, mais la température s'élève chaque soir jusqu'à 38°2 et même, le 8, jusqu'à 3904.

Le 8, agitation plus vive ; cyanose des lèvres ; petite toux sèche ; le soir, pendant une demi-heure, expectoration spumeuse, et à la fin légèrement rosée ; pendant la nuit, douleurs abdominales.

Le-11, orthopnée ; extrémités froides ; cyanose des lèvres et. des ongles. Mort lente, en pleine connaissance ; aucun œdème des jambes.

Autopsie : cœur volumineux; péricarde contenant 60 grammes de liquide citrin.

At niveau de la base du cœur, le feuillet viscéral du péricarde est rugueux, chagriné sur la face antérieure, attestant une péricardite récente.

Orifice mitral large : valvules retractées à bords épaissis, présentant quelques végétations, en particulier sur la face mitrale de ta grande valve. Rien aux autres orifices.

Le myocarde est moins résistant et plus pâle au niveau du ventricule gauche.

Poumons : le gauche est très congestionné et de coloration foncée ; à la pression liquide spumeux, noirâtre, pas de Zone hépatisée, A droite, la congestion est beaucoup moins étendüe et n'occupe que la moitié inférieure du poumon, avec les mêmes caractères ; par endroits, cependant, le tissu pulmonuaire parait plus dense et se rapproche davantage de l'induration du poumon cardiaque. Foie volumineux, ayant par places les caractères du foie cardiaque.

Rate congestionnée.

Rein congestionné dans la zone médullaire.

Cerveau : un peu de congestion au niveau des méninges, sans œdème.

Examen histologique du myocarde : couche fibrineuse épaisse au niveau du péricarde ; au-dessous, couche celluloadipeuse extrêmement développée, très visible à l'œjl nu sur la coupe. Fibres myocardiques vacuolaires, avec multiplication des noyaux ; vacuoles multiples sur les coupes transversales ; pas de lésions interstitielles.

Les Manifestations Viscèrales peuvent-elles exister

sans être précédées de Manifestations Articulaires ?

L'étude précédente nous à montré qu'un rhumatisme articulaire bénin peut frapper gravement l’endocarde ou le péricarde ou la plèvre.

Il doit nous venir presque naturellement à l'esprit question :

Le rhumalisme peut-il, chez l'enfant, frapper directe- - ment les viscères sans avoir frappé auparavant les articulations ?

Les deux observalions qui suivent sont en favèur de celle hypothèse.

OBSERVATION IV {Personnelle

(Recueillie dans le service de nôtre Maitre, le D' Guinon.)

Il s'agit d'une fillette âgée de neuf ans, née à terme, élevée au sein jusqu'à quatorze mois, qui a marché à 17 mois, dans les antécédents de laquelle on relève : à 3 ans, la varicelle : à 3 ans et demi, la rougeole ; à 6 ans, une bronchite.

Ses parents sont bien portants et n'ont jamais eu de rhumatismes,

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Elle a trois frères et trois sœurs bien portants. Deux autres enfants sont morts, l'un à quatorze mois, l'autre à onze mois, de broncho-pneumonie.

Ses parents l’amènent le 8 novembre 1919, parce que, il y a 8 jours, elle à été prise de fièvre, de mal de tête, d’un peu de mal de gorge.

Actuellement, elle tousse beaucoup, a de la diarrhée. Elle ne s’est jamais plainte des articulations.

A l'examen, à l'entrée, on lui trouve des signes d'épanchement pleural bilatéral, que la ponction confirme. Elle est traitée par des enveloppements humides.

Le 10 novembre, examen radioscopique: :

Champs pulmonaires clairs ; culs-de-sac costodiaphragmaliques libres, surtout à gauche. L'ombre cardiaque est élargie transversalement, débordant à droite le sternum et limitée de ce côté par une demi-circonférence ; à gauche, limitée par une ligne courbe analogue à la forme du cœur distendu. Toute l'ombre est soulevée en bloc par les mouvements du diaphragme. On ne distingue pas les battements du cœur, done possibilité de distension cardiaque ou de péricardite. Pas de trace d'épanchement pleural à la radioscopie, mais les ponctions pleurales pratiquées à droite et à gauche donnent quand même du liquide.

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