G. Bernard, Hist. de Louis XIII, t. I, p
— Louis XIII sévissait sur-le-champ '. Le jeune souverain apportait à ces inspections la scrupuleuse conscience, la rigueur et le zèle attentif d'un chef.
Car c'était un chef. 11 avait de la fonction les qualités nécessaires : la précision, le bon sens, la volonté claire et résolue. Dans les conseils de guerre, il montrait une netteté et une décision remarquables. En 1620, l'armée arrivant devant le château de Caen avec l'intention de l'assiéger, Louis XIII faisait apporter au conseil des officiers généraux qu'il présidait, le plan du pays deux lieues à l'entour et il l'étudiait devant tous, indiquant par où il supposait que pouvait venir quelque troupe de secours, marquant les points qu'il fallait particulièrement fortifier afin de les mettre à l'abri d'une contreattaque, fixant les endroits où devaient être « assises des gardes de cavalerie et le nombre qu'il y falloit employer » pour couvrir les assiégeants, puis prescrivant d'expédier des éclaireurs dans toutes les directions5. Lorsqu'on discutait, il écoutait et faisant preuve du même jugement que celui qu'il montrait dans le conseil des ministres, il se prononçait pour le parti le plus sage. S'il donnait son propre sentiment, les assistants remarquaient qu'il était judicieux : « Par son admirable pré-
1. Arnauld d'Andilly raconte des faits de ce genre qui se passent à la revue de Poitiers du 3 septembre 1620 (Journal, 1620, éd. Halphen, p. 44). Bien que l'uniforme ne fut pas généralisé, il existait cependant (voir Journal de Daniel Manceau, dans Arch. hist. de la Saintonge, t. 1, 1874. p. 284), constitué par de la « bure minime » (Lettre du roi envoyée à messieurs les prévôt des marchands, échevins et habitants de sa bonne ville de Paris commandant de faire tenir 2500 paires d'habits de bure minime pour le régiment de ses gardes, Lyon, 1627, in-8°). On disait : « être vêtu à la soldade »,« quitter les habits de soldat •> (G. Sorel, les Nouvelles françaises, Paris, 1623, in-8°, p. 241 et 257).