irh. des Air. étrang., France 77:;. loi. 110 v
'i. 1. Dupiney. Panégyrique présenté au roi le jour de su naissance, (s. 1. n. d.). in-12. p. 50.
4. Boite) de Goubertin, Histoire des guerres de Louis le Juste, Rouen, 1622, in-S'. p. 508.
temporain, roi plus belliqueux qui ait jamais porté sceptre en sa main, ni couronne sur la tète, roi qui se porte plus courageusement aux endroits là où il voit qu'il y va de l'importance de son Etat1? » Au moindre incident nécessitant des mesures fermes, il prenait des décisions avec rapidité et voulait qu'elles fussent exécutées de même : « Mon cousin, mandait-il à M. de Roquelaure, le 2 novembre 1621, en apprenant que l'assassinat de M. de Boisse-Pardaillan avait fait tomber la petite ville de Monheurt entre les mains de ses ennemis, je suis si fort indigné de la mort du sieur de Boisse, que je suis résolu de cbàtier ceux qui en sont coupables et de remettre Monheurt en mon obéissance. Sachant que vous en êtes éloigné à présent, j'ai commandé au sieur de Cbabans de s'y acheminer avec des troupes et les munitions nécessaires et de faire ce qu'il faudra en attendant que vous y puissiez être : je vous prie que ce soit au plus tôt : 2 » Il devait y aller lui-même; il donnait l'exemple.
L'impression que laisse le témoignage de ceux qui l'ont approché en campagne est que Louis XIII est un soldat énergique, calme, froid, dur pour lui-même, surtout d'une grande force de résistance. Il se lève tut, se couche tard, dort peu ou mal, demeure des journées entières en selle et ne se plaint jamais. Suivons-le au milieu de ses troupes.
Il s'habille modestement, comme un soldat, avec des
1. Les Magnificences préparées en V église Notre-Dame de Chartres pour les dévotes actions de grâces du roi et de la roine sa mère, Paris, 1619, in-12, p. 5.
2. Lettre de Louis XIII à M. de Roquelaure, Bibl. nat., ras. fr. 3722, fol. 130 bis r° : <• au camp, devant Montauban. »
vêtements de bure, toujours l'épée au côté1. S'il doit aller au feu, il se revêt d'une armure : cuirasse, tassettes, casque orné d'une grande plume blanche, le blanc étant la couleur et le signe du haut commandement2 : dans certains cas, même, où il est besoin qu'on le voit mieux, il s'habillera d'un costume blanc, pourpoint et collet blanc, la plume blanche au chapeau et l'écharpe blanche, marque de sa suprême autorité, en sautoir3. Son cheval de bataille est un grand cheval d'Espagne qui s'appelle l'Armenille*.
Fatigues, privations, contre-temps, il supporte tout allègrement, avec une bonne humeur joviale et française. « Depuis Moissac jusqu'à Saint-Antonin, écrit en 1622 celui qui rédige le compte-rendu officieux de la campagne, Sa Majesté a presque toujours campé, souffert les incommodités des extrêmes chaleurs, des mauvaises eaux et autres, avec plus de gaieté que gentilhomme de son armée s. « « Il est fort gai », mande Puisieux à son père le chancelier". Marillac dit à Richelieu : « Le roi va gaiement et légèrement vers ses ennemis. Aujourd'hui il a voulu donner à souper à une douzaine de personnes qu'il a choisies ; la chère a été bonne. Au milieu du repas, il s'est levé en pied et, tète nue, m'a fait l'honneur de ni'ndresser la santé de la reine mère avec
1. - Si va vestilo in habito privatissimo do semplice soldato », dépèche d( Priuli du 27 juillet 1621, Bibl. nat.. ms. it.il. 1776, p. 275.
2. Il est ainsi vêtu à l'affaire de l'Ile de Rié (C. Bernard, IIi.il. de Louis VI IF. t. 1. p. 323).
3. Li Voyage du roi en Normandie, Paris, (1620), in-12, p. 16.