‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 108 sur 349 · Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4026, fol. 337 r · texte numérisé non relu

Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4026, fol. 337 r

5. Lu Prise des villes de Négrepelisse el Saint-Antonin, Bordeaux, 1622, in-12, p. 12.

6. Lettre de Puisieux à Sillery du 15 juillet 1622, Arch. des AIL étrang., France 776: fol. 219 r°.

un visage de contentement '. » Il n'est fatigue devant laquelle le jeune roi recule. Il voyagera de nuit. Au siège de Montpellier il se lèvera à minuit sur l'avis que quelque secours menace d'arriver à la place, se fera botter, éperonner, gagnera à cheval la hutte du colonel des Suisses, dans laquelle il demeurera jusqu'à cinq heures et demie du matin en observation, sans d'ailleurs rien voir venir, quitte, l'après-midi, à dormir de trois heures au soir afin de se reposer2.

Quelquefois, il lui arrive d'être aussi mal logé que le dernier des « goujats » de l'armée : il ne dit rien 3. Devant Royan, son logis, maison chétive de paysan, « n'a qu'une petite salle basse et, au-dessus, une chambre pour mettre son lit, dans laquelle on eût vu les tuiles, si on ne les eut couvertes d'une pièce de tapisserie. Il v avoit auprès un méchant petit bouge en galetas, sur une écurie, lequel on garnit de tapisseries et que l'on fit servir pour son cabinet. Sa Majesté ne laissa pas de venir là gaiement » 4. Vingt fois il est gîté aussi misérablement. Devant Saint-Antonin, il n'a qu'une petite pièce basse et délabrée 5 ; à Négrepelisse il doit se contenter d'une chambre de métairie située sous le toit, lequel est à jour; il faut accéder à la chambre par une échelle et le plancher est si branlant qu'on interdit

1. Lettre de Marillac à Richelieu du 17 mai 1622, Ibid., 775, fol. 166 r°.

2. Héroard, Bibl. nat, ms. fr. 4027, fol. 101 v° : « Journal » de l'exempt des gardes Bordeaux, Bibl. nat., nouv. acq. fr. 6163, p. 76.

3. Cependant le protocole fixe les conditions de voyage du roi et de sa suite : voir : Règlement fait par le roi pour le logis de sa cour et suite, Paris, N. Barbote, 1624, in-8°, 19 p. On appelle « goujats » les petits domestiques des soldats qui suivent les troupes en portant les affaires de leurs maîtres.

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