lîassompierre, Journal, éd. Chantérac, t. II. p
2. ■■ Acearezza non solo li capitani ma li soldat! privati. • Dépêche de l'ambassadeur vénitien du 27 juillet 1621, Bibl. nai.. vas. ital. 1770. p. Ii7.'i.
i. Voir notre livre : .1" temps *i<- Lovai Xlll, \>. 2t>.
ètes-vous à pied?1 » La conversation quelquefois se prolonge. Il demande aux soldats quelle est leur compagnie, le nom de leur capitaine, le chiffre de leur effectif. Si le temps est mauvais et a rendu les marches pénibles, il s'inquiète des fatigues que les gens ont dû subir, s'informe s'ils n'ont pas été malades ou trop surmenés, le tout, simplement, avec un intérêt réel, « et il laisse les uns et les autres fort satisfaits de sa douceur2 ». Aux sièges, lorsqu'il visite les tranchées, il se fait rendre compte de la tâche accomplie, questionne le soldat, s'entretient avec lui du travail, « l'encourage par de bonnes paroles » et lui donne de l'argent pour améliorer sa nourriture3.
Il veut qu'on lui présente tout homme qui aura accompli une action d'éclat et tient à le complimenter lui-même en lui donnant ou lui promettant la récompense qu'il mérite. Le maréchal de Saint-Géran lui amène un soldat des gardes françaises qui est allé bravement sur le fossé de la ville, où il a tué un ennemi. Louis XIII demande si le soldat est gentilhomme ; s'il l'était, il le nommerait tout de suite officier : l'homme est seulement « de fort bonne maison ». Le prince dit alors au soldat qu'il veut lui faire de l'honneur avant de lui faire du bien et lui promet le premier drapeau qui sera vacant, — c'est-à-dire qu'il le nommera enseigne;
1. Voir par exemple les Mémoires du Comte de Souvigny, éd. de Contenson, t. I, p. 82 et 123.
2. « L'après-diner, le roi rencontra son infanterie, parla aux soldats, s'informa du nombre de leurs compagnies, regretta le mauvais temps et les grandes journées qu'ils avoient faites... » etc. Véritable relation de ce qui s'est passé de jour en jour au voyage du roi, 1620. Paris, 1620 in-12, p. 17.
3. J.-B. Matthieu, Histoire de Louis XIII, dans P. Matthieu, Hisl. de Henri IV, Paris, 1631, in fol., t. II, p. 151.
— puis lui donne cent écus1. Devant Caen, il exprime le désir de voir un caporal et un sergent qui ont été chargés de s'avancer jusqu'au fossé de la place afin d'examiner les défenses et qui se sont acquitté de leur mission avec un sang-froid remarquable. On les lui conduit. Il les félicite et leur attribue une large gratification-. C'est ainsi qu'il est arrivé peu à peu à connaître les soldats se signalant par leur intrépidité. De loin, il les voit, se rappelle leurs noms : rien ne flatte davantage ces modestes gens. Devant Clérac, Louis XIII est venu inspecter une de ses batteries qui tire sur la ville. Pendant qu'il regarde, un sergent sort de la tranchée conduisant une section de dix hommes, se faufile vers une petite demi-lune ennemie et l'escalade si brusquement que les défenseurs, peu nombreux, s'enfuient. Louis XIII est émerveillé; il a reconnu le sergent: « Voilà le Chesne, s'écrie-t-il, sergent de Casteljaloux, (nom de la compagnie), voyez comme il va bien! » L'aflaire achevée, il le fait venir, lui demande de lui conter le détail, le complimente : « Cette journée, outre la réputation qu'acquit le sergent et l'honneur qu'il en reçut du roi, le plus grand qu'il pouvoit recevoir en sa vie, lui valut encore cent écus de sa libéralité1. »
Louis XIII ne se couche pas, le soir, qu'on ne lui ait fait rapport sur l'état de ses troupes. Le pain de munition venant à manquer, il fera distribuer les vivres dont ili>|iose le service « de sa bouche » et chargera son