i é itable relation, 1020, p
:;. C. Bernard, Hist. de Louis XIII, t. I, p. 262.
propre boulanger de cuire pour les soldats1. Dans tout ce qui est juste et humain, il soutient ceux-ci. Six compagnies d'infanterie se trouvant en garnison à Pont- Sainte-Maxence et à Verberie, dénuées de tout, sont allées prendre du bois, pour se chauffer, dans la forêt domaniale d'Halatte, ce qui est défendu. Les officiers des eaux et forêts intentent des procès à ces soldats et les citent à comparaître à la Table de Marbre. Louis XIII, prévenu, se fâche : « Vous pouvez jeter vos informations dans le feu, dit-il aux gens de justice, les forêts et les soldats sont à moi : n'en parlez plus2. » En cours de route il s'inquiétera de tout ce qui peut altérer la santé de son monde. A Béziers, en 1622, une épidémie sévissant dans l'armée qu'elle décime et les médecins attribuant le mal aux raisins, Louis XIII donne des ordres pour que le grand prévôt fasse enlever et jeter tous les raisins qu'on trouvera dans Béziers; il empêche qui que ce soit d'en vendre3. Après les batailles, il est plein d'attention à l'égard des blessés. Il s'informe de ceux qui ont été atteints, fait prendre de leurs nouvelles. Arrêtant les convois de blessés, il dit quelques bonnes paroles à chacun d'eux, console, encourage. On le voit choisir lui-même la maison dans laquelle seront transportés les malades pour être soignés et « pansés » \
1. Au moment de l'affaire de l'Ile de Rié de 1622 : Boitel de Goubertin, Hist. des guerres et choses mémorables de Louis le Juste, Rouen, 1622, in-8°, p. 631. Voir également, lors du combat des Ponts de Gé : Bibl. nat., ms. fr. 20742, fol. 121 r° et Mercure françois, 1620, p. 335.
2. Comte de Souvigny, Mém., éd. de Contenson, p. 122. Le fait se passe en 1622.
3. « Journal » de l'exempt Bordeaux, Bibl. nat., nouv. acq. fr. 6163, p. 321.
4. « Sa Majesté consoloit tous les soldats et officiers qui revenoient
Il ira les voir, s'enquerra de chacun d'eux, de leur qualité, de la façon dont on les traite, de la gravité de leur cas, de ce qu'il faudrait faire pour hâter leur mise sur |)ied, « n'omettant rien de ce qui peut servir à leur auérison, » et notamment la distribution de secours1. Par ses soins, un hôpital est organisé après chaque combat et « Sa Majesté commande que les blessés soient soigneusement traités ». Il envoie souvent ses propres médecins et chirurgiens2. Des « apothicaires des camps et armées du roi » sont chargés de « médicamenter les malades ». C'est le roi qui paye les dépenses. L'apothicaire fournira la note que le premier médecin de Sa Majesté reverra3. Le cas échéant, Louis XIII charge les villes de soigner les blessés, quitte à ce que les habitants viennent ensuite réclamer au souverain le montant de leurs frais. Ainsi, pendant le siège de Montauban de 1621, les habitants de Montricoux ont reçu, « logé, fait médicamenter, panser, guérir et nourrir » 230 soldats blessés du régiment de Navarre, « à ce commandés pour le service de Sa Majesté », ce qui leur a coûté 22 808 livres, 5 sous. Us demandent au roi de payer cette dette. Le roi s'exécute4.
blessés du combat et leur faisoit donner de l'argent. Au môme lieu, le roi choisit lui-même une maison pour les faire loger et panser ». Mercure français, 1621, p. 641.
1. Hist. du règne de Louis XIII par S.-M.-C. (Malingre). Paris, 1646, in-12. p. 282; Mercure françois, 1620, p. 337.
2. Par exemple au siège de S. Jean d'Angély de 1621 : C. Malingre, Histoire de la rébellion excitée en France par les rebelles de la religion prétendue réformée, Paris. 1622, in-8°, p. 331: et aux Ponts de Ce : Véritable relation, p. 38.
3. arrêts du conseil : du 13 novembre 1624 portant règlement de comptes : Bibl. nal.. ms. fr. 18202, fol. 147 V; du 3 février 1624 fixant l'assignation : Axch. nat. E. 78\ fol. 258, r .
4. Arrêt du conseil du 30 décembre 1624, ordonnant aux trésoriers
Les soins de Louis XIII iront jusqu'aux malheureux qui, à la suite de blessures graves, sont condamnés à demeurer impotents. Bien avant que son fils Louis XIV fonde l'imposant hôtel des Invalides, il se préoccupera de la situation misérable des vieux soldats ou des anciens officiers obligés d'abandonner le métier qui les fait vivre, pour devenir — au moins les premiers — des vagabonds mendiants souvent dangereux. Il y aura nombre de tentatives faites afin de créer des asiles d'invalides. Faute de fonds, les entreprises n'aboutiront pas. Mais, en attendant, le roi cherche à pallier les effets de cette situation en octroyant des pensions de 200 livres à des soldats blessés1; ou bien — s'il connaît quelque capitaine sans fortune qui se retire, — en le casant, dans sa maison, à un poste rétribué tel que celui de maître d'hôtel2.
Mais autant Louis XIII, doux et humain, s'intéresse aux soldats, à leur sort, se montre soucieux de les récompenser ou de ne pas les abandonner, autant, dans la vie ordinaire de tous les jours, montre-t-il une inflexible rigueur pour le maintien de la discipline. Jaloux de son autorité, il considère une infraction à cette discipline comme un manquement au respect qui lui est dû : « Tenir son armée bien policée », est une
généraux de Bordeaux de vérifier au préalable la dépense : Bibl. nat., ms. fr. 18202, fol. 361 r°. La ville de Montpellier réclamera de même 28 587 I., 10 s., 11 d. pour soins donnés aux blessés; le roi assignera le remboursement sur les tailles de la généralité de Béziers qu'il augmentera : arrêt du 19 juin 1624, Arch. nat., E. 79\ fol. 164 r".