‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 122 sur 349 · Cf. les Caquets de l'accouchée, éd. E. Fournier, p · texte numérisé non relu

Cf. les Caquets de l'accouchée, éd. E. Fournier, p

3. Par surcroît, dit-on, trésoriers et commissaires des guerres détournent une partie des fonds (La Béformation de ce royaume, (s. 1.) 1623, in-12, p. 9).

4. Voir les scènes caractéristiques que conte l'exempt Bordeaux, Bibl. nat., nouv. acq. fr. 6163, p. 251. Cf. notre livre : Au temps de Louis XIII, p. 126 et suiv.

o. « Journal » de l'exempt Bordeaux, op. cit., p. 310. 6. Cité par A. Floquet, Histoire du parlement de Normandie, t. IV, p. 34, 35.

". Cf. le « Journal » de Bordeaux, op. cit., p. 321.

Le pire est leur cruauté. Il est des moments où ils n'ont plus rien d'humain. A Lunel, lorsque la garnison protestante mettant bas les armes, sortira sur la foi des t raités, ils se précipiteront, renverseront les charrettes, massacreront 7 à 800 hommes avec une férocité inouïe. A l'attaque de Saint-Antonin, une jeune fille se jetant aux pieds d'un soldat le supplie : « Faites-moi ce que vous voudrez, lui dit-elle, et me sauvez la vie! » « Je n'ai pas le loisir pour cette heure », répond le soldat, et il lui passe son épée à travers le corps. Sur les champs de bataille ils se préoccupent surtout de dépouiller les cadavres et leur unique souci est, à peine le dernier coup de mousquet tiré, d'aller vendre à l'encan, sur les places des bourgs et des villages, les meubles et objets volés par eux ! ' « Point tant ne nous attristent les grêles, Gémissent les paysans, ni les Gelées de mai, ni les coulages de juin, qui nous apportent coutumièrement la cherté des vivres, que l'inhumanité et déloyauté des soldats qui tuent, qui molestent, qui violent, qui brûlent, qui détruisent, rançonnent le bonhomme et lui font dix mille violences! 2 » « Ah! Vous n'avez le cœur qu'à la volerie, qu'au pillage et butin, poltrons que vous êtes, soldats de rapine, oiseaux de proie! » fait dire un auteur du moment au capitaine Guillery ;.

1. Ibid., p. 354, 184, 129; et Daniel Manceau, Journal, dans Arch. hîst. de la Saintonge, t. I, 1874, p. 268.

2. IJmuis des paysans chainin:tr< s. dans E. Fournier, Variétés hist. et litt., t. Vil, p. 300. Cf. le Picoreur ou le désastre du pauvre peuple, satire d'Angot de l'Eperonnière, dans les Nouveaux satires et exercices gaillards de ce temps, Rouen, 1637, in-12, p. 81-90.

3. Reproches du capitaine Guillery faits aux carabins, picoreurs et pillards de V armée, même recueil de E. Fournier, t, VII, p. 72. Comme commentaire, voir : Procès verbal des trésoriers de France sur les dégâts commi< dans Télection de la Rochelle , 1024, Bibl. Mazarine, m-. IM1, fol. 57 et suiv.

Aussi bien que personne Louis XIII connaît ces affreuses misères; plus que personne il en est exaspéré. Toutes les fois que l'occasion s'en présente, il sévit avec emportement. Dans le Midi, sur le chemin de Mortaigne à Mirambeau, chassant avec sept ou huit personnes, il aperçoit deux soldats qui pillent la maison d'un paysan : « Allez, battez-les tout votre saoul, crie-t-il à deux de ses valets de pied, et assommez-les de coups! » S'il avait eu un bourreau sous la main, il les aurait fait pendre, ajoute le témoin oculaire1. Plus loin, Louis XIII rencontre deux femmes qui pleurent à chaudes larmes de ce qu'on a saccagé leur maison : il leur donne de l'argent : ce sont les soldats des gardes françaises qui ont accompli ce beau fait d'armes. Arrivant à l'étape, le prince fait appeler le maître de camp du régiment, M. de Canaples : « Canaples, lui fait-il vivement, il faut que vous mettiez un meilleur ordre dans le régiment de mes gardes qu'il n'y a et que vous les fassiez tenir dans leurs quartiers; » et comme l'autre cherche à excuser ses hommes disant qu'ils sont serrés là où ils cantonnent, qu'il faut bien qu'ils aillent dans les villages des alentours acheter des vivres : « Comment, repart le roi hors de lui, ils abandonnent leur drapeau pour aller voler et picorer et vous appelez cela chercher des vivres pour de l'argent? Si vous n'y donnez meilleur ordre dorénavant, je vous casserai comme faisant vous-même tous ces larcins et voleries-! » En vain a-t-il promulgé des

1. " Journal » de Bordeaux, Bibl. nat., nouv. acq. fr. 6163, p. 14. L'auteur est dans l'escorte qui accompagne Louis XIII; il écrit : « Nous rencontrâmes... Nous n'étions que sept ou huit. »

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