‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 140 sur 349 · Maz. 2127, fol. 28 r · texte numérisé non relu

Maz. 2127, fol. 28 r

2. A propos des conversions de MM. de Monthrun et de la Charce, Ibid., fol. 7 r°, juin 1024.

3. Nous allons résumer les « Instructions baillées au sieur Viconte sur le voyage qu'il va présentement faire es provinces de Dauphiné, Vivarais et Cévennes en conséquence des ouvertures tant par lui que par autres faites pour la conversion d'aucuns seigneurs, gentilshommes et autres des dites provinces. » Septembre 1624. Maz. 2127, fol. 18 r" et suiv.

commencer par tâter le terrain. Il lui était permis de voir les gens « de la part du roi », mais à condition « d'user de prudence et ménage en toute la négociation ». Il faisait entendre « le gré » que saurait Sa Majesté à ceux qui seraient fidèles à « l'étroite obéissance que tout sujet doit à son prince », « la confiance plus grande que le roiprendroiten eux aux occasions qui s'offriroient de les employer »; puis, il expliquerait que « l'erreur » dans laquelle l'interlocuteur était tombée le « séparoit de la fidélité » en question due au prince. Si ces premières avances étaient écoutées, l'agent revenait à la charge, devenait explicite sur ce qu'il entendait par « le gré » du roi et « sa confiance ». Au bon moment il exhibait une lettre du souverain à l'intéressé, « lettre de créance » et lui disait que « Sa Majesté avoit voulu lui écrire de sa main afin qu'il put avoir plus de confiance et que la négociation fut plus secrète; que Sa Majesté avoit été informée de ses bonnes intentions, du désir qu'il avoit de lui complaire et s'attacher plus étroitement à son service que par le passé, ce à quoi elle vouloit correspondre par toutes sortes de témoignages de bonne volonté tant envers lui qu'envers les siens, dont il pouvoit tirer des preuves en faisant cognoistre ce qu'il désiroit. ' » Ici commençait la discussion. Recommandation était faite à l'agent de laisser venir les demandes avant d'avouer ce qu'il pouvait offrir. Si les demandes se rapprochaient de ce que le roi avait l'intention d'accorder, on pouvait traiter tout de suite : des brevets

1. Voir par exemple la lettre par laquelle Louis XIII envoie à M. de Marcillac le pli qu'il pourra présenter au baron d'Anduze (Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 214 r°).

signés d'avance étaient remis à l'agent; il les montrait, mais ne devait les donner qu'après l'abjuration. Si les réclamations s'élevaient trop haut, il fallait tâcher de les réduire, puis en référer à M. ïronson. On devait tenir M. Tronson au courant.

Ainsi chaque agent emportait en mission un paquet de lettres et un paquet de brevets1. Quand il y avait à donner de l'argent comptant, circonstance plus délicate, l'opération devait se faire avec des garanties, chez un personnage tel que le premier président de Grenoble, devant témoins et en présence d'un notaire qui dressait quittance 2.

L'argent servit principalement à acheter les ministres protestants. Les abjurations de pasteurs étaient particulièrement précieuses. Le retour à l'Eglise catholique de ces âmes de choix, produisait de l'effet; puis beaucoup de ces ministres, dissimulant leur changement de religion, demeuraient au milieu de leurs coreligionnaires et servaient activement le roi de plusieurs façons. Les intermédiaires se promettaient merveille de diverses combinaisons. En gagnant, disaient-ils, cinq ministres par synode, on aurait pour les dix-sept synodes du royaume un chiffre considérable3. Ces ministres prêcheraient à

1. Il en donnait nçu : > Je reconnois que M. Tronson, secrétaire du cabinel du mi, m'a, ce jouxd'hui, baillé la présente instruction el mis en main tant de dépêches et de brevets, savoir, etc. > Une fois, Visconti emporta : cinq breveta de pension, de 1 800 a 4 000 livres, six brevets de maîtres de camp entretenus, six de capitaines de chevau-légers et soixante de capitaines à morte paye. Ma/.. 2127, fol. 20 r°, 151 r°.

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