Maz. 2127, fol. Ibi
3. « C'est un homme de considération. Il peut encore en gagner beaucoup d'autres ». Ibid., fol. 11 v°.
s'ils étaient assurés de la pension du clergé, celle-ci étant assez mal payée. Pleins de zèle, comme tous les néophytes, les ministres convertis s'offraient à leur tour à donner des indications pour d'autres conversions. Il y en eut quelques-uns qui, en groupe, rédigèrent un long mémoire au roi énumérant les façons dont il fallait s'y prendre afin de ruiner leurs coreligionnaires politiquement et religieusement1.
Quelques-uns de ces ministres, convertis ont joué un rôle dans l'histoire du protestantisme de leur temps : M. Bragard, par exemple. Une fois gagné au roi, M. Bragard s'employa avec ses trois enfants. « Ils servent utilement, écrivait Yisconti, comme le roi sait très bien ». M. Bragard s'informait, transmettait ce qu'il apprenait, communiquait les lettres confidentielles que le duc de Rohan envoyait du Languedoc; allait assister aux colloques, écoutait, rapportait les moindres bruits. Un de ses fils, placé par lui dans ce que nous appellerions « l'état-major » de M. de Rohan, avait mission de lui fournir des renseignements : « J'ai baillé un gentilhomme catholique au sieur Bragard, mandait Visconti, pour se tenir au Saint-Esprit, ou autre lieu du Languedoc, afin de recevoir les avis que le fils aîné dudit sièur Bragard, qui est avec le marquis de Montbrun près de M. de Rohan, lui enverra2. ».
Jean Dragon, sieur de Choméane, ancien professeur d'éloquence et de philologie à l'académie de Die, nommé pasteur à Crest en 1611 et à Saint-Paul-Trois-Châteaux en 1613, érudit, lettré, qui faisait des vers grecs et