‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 173 sur 349 · Pontchartrain, Mém., éd., Michaud p · texte numérisé non relu

Pontchartrain, Mém., éd., Michaud p

afin de lui annoncer la nouvelle : il lui rappelait qu'il l'avait, par Jeux fois, pressentie, spécifiait qu'il n'agissait qu'avec l'avis motivé de son conseil'. Le dimanche 20, au matin, Condé, délivré, venait remercier Louis XIII; le roi envoyait ïoiras avec une lettre à sa mère pour la mettre au courant des détails : et Marie de Médicis ne disait rien-. Ce qui gâta tout, ce fui une déclaration royale de l'innocence de Condé, vérifiée en Parlement et rendue publique. Cette déclaration, faisant allusion au maréchal d'Ancre, s'expliquait en termes sévères sur le compte de ceux qui dirigeaient l'Etat au moment où le prince avait été arrêté 3. Marie de Médicis se crut visée ; elle fut blessée; elle éclata en récriminations: étaient-ce là les promesses de respect et de déférence qu'on lui avait faites? Elle ne viendrait certainement pas à Paris : y venir serait perdre sa réputation, s'exposer à être tourmentée avec plus d'opprobre, être même « resserrée >k Elle envoya au roi une vive lettre de protestation \

L'expression avait-elle trahi la pensée des rédacteurs de la déclaration, ou bien ceux-ci ayant réellement voulu mettre ce qu'ils avaient écrit, Louis XIII n'avait-il pas aperçu le sens de certaines expressions qui pouvaient s'appliquer à sa mère? Il s'éleva contre l'interprétation qui était donnée du document : « Si je me fusse scu-

1. Lettre de Louis XIII à .Marie de Médicis du 17 octobre, loc. cit.

2. Lettre de Louis XIII à Marie de Médicis, non datée, Bitd. nat., Cinq Cents Colbert 98, p. 37.

•i. Lettres patentes du 26 novembre 1019, Arch. nat., X1* 8649, fol. 2:î2 v", imprimées dans Le Recueil de pièces concernant Vhistoire de Louis. Mil. Paris, 1716, in-12, t. Il, p. 251.

i. Dépêche de Contarini de- lu el 24 décembre 1619, Iiil>!. nat., ms. ital. 177:'., p. :j2fi. 358. La lettre de protestation de Marie de Médicis est du 7 décembre, Bibl. nat., Cinq Cents Colbert 98, p. 42 : voir Richelieu, . '. I. p. 205, 206.

lement imaginé, écrivait-il à Marie Je Médicis, qu'il y eut eu quelques termes douteux et capables de porter les esprits les plus subtils à une interprétation qui vous put être préjudiciable, j'eusse plutôt dénié absolument ce que mon dit cousin requéroit de moi, à cet égard, que de le lui accorder en vous laissant quelque sinistre soupçon ainsi qu'il semble que vous ayez reçu. Vous n'êtes nullement intéressée en la dite déclaration1. » Il était sincère. Causant avec l'ambassadeur vénitien Contarini, il lui avouait n'avoir consenti à délivrer Gondé que parce qu'il croyait le moment propice en raison del'état de tranquillité du royaume 2. L'impression défavorable était produite : rien ne devait la modifier.

Le 26 novembre, Louis XIII écrivit à sa mère pour la prier de nouveau de se rendre à Paris. Marie de Médicis répondit qu'elle ne pouvait pas venir : elle n'avait pas d'argent3. On sut qu'elle prenait tout à contre-temps, se formalisait des moindres faits, se plaignait de ce que « ceux qui l'avoient assistée et servie n'avoient point été remis dans les charges dont ils avoient été dépossédés à son sujet. » M. d'Ornano ayant été nommé gouverneur de son second fils Gaston, elle trouva mauvais que cette nomination eut été faite « sans lui en donner avis. » Elle réclama sur ce qu'on ne lui avait pas payé ses dettes. Elle prétendit qu'on l'épiait et la surveillait \ Vers la fin de l'année devait

1. Lettre de Louis XIII à Marie de Médicis, Bibl. nat., Cinq Cents Colbert 98, p. 64, 65.

2. Dép. de Contarini du 24 décembre 1619, Bibl. nat.. ms. ital. 1773,.

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