Richelieu, Mém., t. I, p
3. Brevet de la continuation des rentes ordinaires et appointements annuels de la reine mère, 5 mars 1621, Bibl. nat., ms. Dupuy 832, fol. 212 et suiv. et nouv. acq. fr. 7798, fol. 248 r°.
4. Dép. de Corsini, Arcli. nat.. L. 397, loi. 326 v°. Cf. la dépèche de l'ambassadeur vénitien du 20 janvier 1021, dans B. Zeller, le Connétable de Luynes, p. 295.
au courant des sentiments intimes de la princesse, est mécontente de ce qu'on ne lui donne aucune part aux affaires de l'État, ni à l'intérieur, ni au dehors du royaume. Quant à l'autorité, elle en est dépourvue. Si elle désire quelque chose, il faut qu'elle le demande, comme une personne privée. Elle est maintenant dans les fers ; elle ne peut plus s'en tirer. C'est là une situation que chacun prévoyait. Dieu veuille, qu'en fin de compte on n'apprenne point quelque coup de tête. La défiance que le roi montre à son égard est ce qui la pénètre le plus douloureusement jusqu'au fond de l'àme ' ». Partant pour sa campagne de 1621 dans le midi, Louis XIII avait voulu que sa mère le suivit; elle avait ohéi. Mais après le siège de Saint-Jean d'Angély, sous prétexte qu'on n'avait pas eu pour elle les déférences nécessaires, elle avait quitté l'armée et était revenue à Tours. Marillac, qu'elle avait envoyé près de son fils, l'informait de ce qui se passait, servant d'intermédiaire entre la mère et le roi, entretenant celui-ci des sentiments soumis de l'ancienne régente : les défiances réciproques demeuraient entières 2.
Luynes mort, le 15 décembre 1621, rien ne fut changé dans l'attitude de Louis XIII, preuve que ce n'était pas le favori qui inspirait le jeune roi 3. Louis XIII avait écrit à
1. Dépêche de G. B. Gondi, envoyé florentin, dans B. Zeller, le Connétable de Luynes, p. 342.
2. Marillac allait et venait. Il porte les titres, en mars 1021, de <• conseiller au conseil d'Etat et maréchal des camps et armées » (Arch. nat., E. 66B, fol. 199 r°. Sa correspondance est conservée aux Archives du Ministère des affaires étrangères. Dans ses lettres de 1621 à sa mère, Louis XIII parle de Marillac et des nouvelles que celui-ci lui donne de Marie de Médicis (Bibl. nat., Cinq Cents Colbert 98, p. 9G).
3. Nous insistons sur ce point, les apparences ayant fait croire que c'était Luynes qui dictait ses sentiments au roi à l'égard de sa mère. L'ambassadeur d'Espagne, marquis de Mirabel, écrivait le 13 janvier 1022
Marie de Médicis pour lui annoncer la mort du connétable. Marie de Médicis s'était empressée de répondre plusieurs lettres pleines d'attachement et de respect1. Marillac, toujours auprès de Louis XIII, mandait à Richelieu le 29 décembre : « Le roi aime la reine sa mère, mais il la craint : ce qu'il refusera de lui donner d'autorité sera par jalousie de la sienne et non par faute d'estime et de bon naturel2». Convaincue, sincèrement ou non, que Luynes avait été l'obstacle à sa rentrée aux affaires, Marie de Médicis maintenant faisait tâter le terrain pour savoir si on allait l'appeler au Conseil. Le cardinal de Retz, mandait Marillac, avait entretenu Louis XIII de la possibilité qu'il y aurait à solliciter les avis de l'ancienne régente pour la direction des affaires publiques : le roi avait riposté brusquement : « Point de conseil, point de conseil3! » Un peu surpris, Marie de Médicis et son entourage se l'étaient tenus pour dit4. Lorsqu'en janvier 1622 la reine retrouva son fils, elle se montra d'une amabilité extrême. Jamais elle n'avait été aussi tendre : elle écrivait à Louis XIII le 17 janvier, en lui envoyant comme étrennes une image de saint Louis : «Je l'accompagne de mon cœur que je vous donne tout entier, et
a si m souverain qu'on disait que, Luynes mort, Marie de Médicis allait reprendre son autorité mit le roi (Arch. nat., K. 1479, n° 10). On va voir ce qu'il va en (''tic.