‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 181 sur 349 · Card. de Retz, Mém., éd. A. Feillet, t. II, p · texte numérisé non relu

Card. de Retz, Mém., éd. A. Feillet, t. II, p

2. Au milieu d'une grande cérémonie religieuse elle se faisait « ragencer » les cheveux, un peu dérangés, avec une « aiguille d'or » devant tout le monde, Chaulnes, Relation exacte, éd. Michaud, p. 481.

:'.. Madame de Motteville, Mém., éd. Michaud, p. 9, 13; card. de Hetz, Mém., éd. Feillet, t. II. p. 17. 174.

4. Dépêche de Contarini du 27 janvier 1618, Bibl. nat., ms. ital. 1771. p. 561. Tallemant remarque qu'Anne d'Autriche « prononçoitle français comme si elle estoit née ;i Paris • (Historiettes, éd. I'. Paris, t. II. p. 146).

à reconnaître qu'elle était ignorante, paresseuse, indolente. C'était une Espagnole, avec les défauts de la race : l'insouciance tranquille, la passivité. Son entourage se plaignait de la voir s'attacher à une ou deux intimes et ignorer les autres; il regrettait qu'elle n'aimât personne, « qu'elle ne parut pas assez touchée de l'amitié qu'on avait pour elle ». En revanche, prenait-elle quelqu'un en grippe, elle se montrait vindicative. Puis on s'étonnait que, fière comme elle l'était, elle ne craignît pas de causer familièrement avec des gens du commun, « fort indignes de son entretien »; par là « elle se faisoit du tort ' » .

Reine et jolie, elle a provoqué des passions. Elle était trop froide pour y répondre, mais assez coquette pour en être flattée et s'en amuser. On n'a rien articulé contre elle, au moins jusqu'à Buckingham qui est venu après 1624. « La vertu de la reine est solide, disait-on, et sans façon. » C'est « un ange », assurait l'ambassadeur d'Espagne, Giron, qui répondait de la princesse au roi son maître 2. La cour s'était divertie du fol amour qu'avait éprouvé pour elle le grand écuyer, M. de Bellegarde, un bel homme, qui avait, vers 1620, plus de cinquante-cinq ans. Anne l'avait laissé dire, riant de ses airs, et ménageant le gentilhomme favori de deux rois, survivant d'un siècle « de galanteries et de dames3 ».

1. Madame de Motteville, Mém., éd. Michaud, p. 12-13; HerberL de Cherbury, Mém., trad. Bâillon, p. 137. La religion d'Anne d'Autriche était toute extérieure, consistant en pratiques (Madame de Motteville, p. 12 et dépèche de Monteleone à Juan de Ciriça du 7 avril 1618, Arch. nat., K. 1474, nn 72).

2. « La reyna es un angel de rostro y de condicion y de muy santas inclinaciones » (dépêche de Giron au roi d'Espagne du 24 novembre 1018, Arch. nat., K. 1475, Q° 107 a).

3. Madame de Motteville, Mém., éd. Michaud, p. 18; Tallemait,

Le duc de Montmorency éprouvera une passion semblable. D'autres amoureux se feront comprendre. « Je puis dire qu'elle a été aimée, affirmait madame de Motteville, et que malgré le respecl que Sa Majesté inspire, sa beauté n'a pas manqué de toucher des cens qui ont fait paraître leur passion. » Personne ne reçut d'espoir; • ■'.'■lait beaucoup qu'elle écoutât. Plus tard, causant de ces souvenirs avec une amie, « elle se moquoit de sa vanité passée ' ».

Elle se donnait plus de liberté dans les propos. Une personne de son entourage disait d'elle : « Elle est modeste sans être choquée de l'innocente gaieté ». Cette innocente gaieté était la forme par laquelle se traduisait son esprit porté à la galanterie : terrain plissant et dangereux! Des intimes imprudemment acceptées, une compagnie de dames et de princesses imposées par les rapports de famille formeront autour d'elle un groupe au passé suspect, aux manières peu retenues. Il y aura des histoires, des scènes, des mesures prises.

Esprit sérieux et réfléchi, Louis XIII ne pouvait guère éprouver d'attachement pour une nature aussi contraire à ses goûts. Après une première minute de surprise agréable au moment de son mariage, il s'était replié sur lui-même2. Anne l'aimait-elle? Elle crut qu'elle l'aurait

Historiettes, éd. P. Paris, t. I, p. 50, 62, 63. Malherbe a écrit doux chansons sur l'amour malheureux de M. de Bellegarde, (dans CBm Lalanne, t. I. p. 293-296 .

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