‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 197 sur 349 · Lettre de 1619, Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 26 r · texte numérisé non relu

Lettre de 1619, Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 26 r

2. Lettre de Louis XIII à Elisabeth datée de Saint-Germain, 14 mars 1621, Ibid., fol. 28 r°.

3. Lettre de Louis XIII à Marie de Médicis, d'octobre 1621, Bibl. nat., Cinq Cents Colbert 98, p. 97. Marie de Médicis, à ce propos, envoie au roi d'Espagne, son gendre, une lettre de condoléances (datée de Blois, 11 octobre 1621, Arch. nat., K. 1478, n° 133 a.). Louis X1I1 écrivit également au roi, son beau-frère, une lettre que devait porter M. de Chaudebonne et qui est datée « du camp devant Montauban, 30 octobre 1621. » (Ibid., 155 a). La jeune reine d'Espagne se retrouvera dans une situation intéressante en 1624. Louis X1I1 lui renouvellera, par lettre du 24 septembre, ses vœux (Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 32 r°).

avez pour moi, ajoutait-il, ne peut m'ètre plus agréable que celle que j'ai de vivre1 : » l'expression révélait la profondeur de son sentiment. Que de fois le fidèle valet de chambre d'Elisabeth, Drapier, a-t-il fait le voyage de Madrid à Paris et de Paris à Madrid pour porter au roi et à la princesse les lettres qu'ils s'écrivent ou les cadeaux qu'ils se font l'un à l'autre-! Louis XIII se sent d'autant plus porté à marquer à sa sœur son affection qu'il sait qu'elle n'est pas heureuse.

Dans cette cour d'Espagne, en effet, solennelle, austère, la petite nature primesautière d'Elisabeth s'est trouvée à l'étroit. Les vieilles duègnes, offusquées de sa vivacité, lui ont fait comprendre qu'une reine d'Espagne devait garder de la réserve et faire preuve de froideur. On ne lui a épargné aucun ennui. La décision prise par Louis XIII de renvoyer d'auprès de sa femme Anne d'Autriche le personnel de dames espagnoles, a eu son contre-coup dans la vie d'Elisabeth. L'ambassadeur du roi très catholique à Paris, Fernando Giron, a menacé, comme représailles, du renvoi d'Espagne de tous les Français qui pouvaient approcher de la princesse des Asturies3; et en effet, peu à peu, on a écarté d'Elisabeth ceux qui, dans sa langue maternelle, lui parlaient de son pays. On a multiplié les tracasseries; on l'a privée de la disposition de ses joyaux, sous prétexte qu'elle en faisait cadeau à des étrangers, — elle avait envoyé un bijou à sa sœur Chrétienne! — On a été jusqu'à lui interdire d'expédier qui que ce fut hors du royaume, sans

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