Ibid., fol. 27 r° et 28 r
450 LE HOl LOUIS XIII A VINGT ANS.
Ambassadeurs, gentilshommes, particuliers, tous ceux qui partent pour l'Espagne emportent en effet une lettre du roi, destinée à renouveler à la jeune princesse « les assurances de l'affection » de son frère1. « Je vous prie de continuera m'aimer », lui répète-t-il. « L'affection que je vous porte vous doit tenir assurée d'être toujours présente à ma pensée-. » « Vous désirez comme moi l'accroissement de notre commune affection et bonne intelligence; » ma pensée est aussi « de maintenir la bonne amitié et correspondance qui a été et doit être entre nous. » Elisabeth est-elle restée quelque temps sans lui écrire? Il ne lui en veut pas : « Ma sœur, je suis fort aise de savoir de vos nouvelles et serai toujours fort content d'en apprendre de bonnes comme je le désire et telles que vous me le mandez : le long temps que j'ai été sans recevoir de vos lettres n'a point diminué l'affection que je vous porte : rien ne la peut faire changer, car je sais que vous m'aimerez toujours3. » Elisabeth, de son côté, lui garde une affection fidèle.
Et c'est entre eux un échange continuel de témoignages d'attachement. Ils participent aux joies et aux tristesses l'un de l'autre; ils se font part de leurs espérances ou de leurs craintes mutuelles : « Ma sœur, écrit
1. Lettres, par exemple, confiées au P. Joseph, à M. de Marsillac, à. M. du Pargis, ambassadeur en Espagne. Bibl. nat., ms. fr, 'M'Sl fui. 23 \ , 2<i r .
2. Lettre de Louis XIII à sa sieur Elisabeth du 20 février 1G22, Ibid., fol. 31 r à 32 V.
3. Ibid., fol. 24 v, 27 \ . 29 \ : voir aussi fui. 31 v°. Louis XIII envoie Mpur sou portrait : • Je ne sais de quelle façon, répond Elisabeth,
remercier très humblement votre Majesté du beau présent qu'il lui a plu m'envoyer par le sieur Ribère. Je suis la plus contente du monde bonnes nouvelles qu'il m'a apportées* de votre Majesté et d'avoir son portrait que j'estime et aime comme je dois, estant de votre Majesté. „ (Avant 1621). Catalogue of Ihe collection of Morrison, t. II. p. 70.
Louis XIII, après une convalescence du roi d'Espagne, Philippe III, votre bon naturel me fait facilement croire le déplaisir que vous avez eu de la maladie du roi mon beau-père, et juger de la consolation que vous recevez maintenant par sa meilleure disposition : j'ai eu part à vos ennuis, je participe à votre joie! s1 Apprenant qu'elle a des espérances d'être mère : « Je ne pouvais recevoir nouvelles qui m'apportassent plus de contentement que celle de votre grossesse. Je loue Dieu de cette bénédiction qu'il lui a plu de donner à votre mariage, et le prie de tout mon cœur qu'il la continue toujours à l'accomplissement de vos bons désirs. Le sieur de Bassompierre vous fera entendre plus particulièrement la joie que, j'ai reçue lorsque j'ai appris cette nouvelle2. » Et un accident étant venu dissiper les espérances, Louis XIII enverra exprès M. de Chaudebonne pour dire à la pauvre « Mignonnette » tout le chagrin qu'il en éprouve : « Il faut vouloir ce qu'il plaît à Dieu, écrit-il mélancoliquement à sa mère Marie de Médecis, et espérer qu'il en arrivera mieux une autre fois3! » Il disait un jour à sa petite sœur : « Je sais aimer qui je dois et ne me faut point d'autre conseil ni d'autre persuasion que ma seule inclination : » il pensait à elle : « L'affection que vous