‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 202 sur 349 · Richelieu, Mém., éd. Michaud, t. 1, p · texte numérisé non relu

Richelieu, Mém., éd. Michaud, t. 1, p

5. V. Siri, Memorie recondite, 1677, in-4", t. IV, p. 380. Dépêches de l'ambassadeur vénitien des 13 juin et 15 novembre 1017, Bibl. nat., ms. italien 1771, p. 193, 493.

à Paris demander la main de la princesse1. Le vendredi 11 janvier 1619, les deux jeunes gens, étaient fiancés, le contrat de mariage signé2. Le futur, "Victor Amédée de Savoie, prince de Piémont, arrivait un mois après, le 6 février; les cérémonies étaient célébrées rapidement, le mariage béni le 19, sans apparat, dans la petite chapelle de la tour au Louvre, après une messe basse. C'était Louis XIII qui avait voulu cette absence d'éclat3.

Richelieu assure dans ses Mémoires que Marie de Médicis ne fut pas consultée sur ce mariage, et qu'elle « tint ce traitement plus cruel qu'aucun qu'elle eut reçu jusqu'alors. » Il ajoute que le mariage fut fait par Luynes « qui avoit traité sans en donner aucune part à la reine mère, espérant, par cette alliance, se fortifier contre elle. » Recevant un peu plus tard le prince de Piémont à Angoulème, Marie de Médicis, d'après Richelieu, faisait allusion à ce manque d'égards : « Qui vit jamais, disait-elle, qu'une fille ait été mariée sans sa mère ! On n'eut pas fait ce déplaisir à la moindre demoiselle de France et je

1. Mercure françois, t. V, 1618, p. 277; Pontchartrain, Mém., éd. Michaud, p. 402.

2. Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4026, fol. 128 v°. Louis XIII donnait à sa sœur 400 000 écus. Nous avons le texte du contrat de mariage : Bibl. nat., Cinq Cents Colbert82; Clairambault 378, fol. 473 r°; Dupuy 98, fol. 252.

3. Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4026, fol. 138 r°, 139 r° et v°; Fontenay- Mareuil, Mém., éd. Michaud, p. 130, 132-, Gaspart, Thrésor de Uhistoire générale de notre temps, Paris, 1023, in-8a, p. 224. Le public accueillit avec plaisir ce mariage (La Trompette françoise sur le mariage de Son Altesse le sérénissime prince Victor Amédée de Savoie, avec Madame Chrestienne de France, Paris. 1619, in-12; Matthieu, Alliances de France et de Savoie, Paris, ICI 9, in-4°); on le célébra dans les provinces (Montsabert, Relation des fêles données à Toulouse en 1619 à l'occasion du mariage de Madame, sœur du roi, avec le prince de Savoie, dans Bulletin de la Société archéologique du midi de la France, Toulouse, 1881, t. VIII, p. 10). Ce mariage fut assez à charge au trésor; il fallut trouver des expédients pour en payer les frais (Lettres patentes du 12 mars 1619, Arch. nat., XlA 8649, fol. 175 v° et arrêt du Conseil du 17 août 1619, Arch. nat., E. 62", fol. 111 r°).

n'eusse jamais cru que vous eussiez regretté la peine de me venir voir devant que de vous marier1 ! » Ces assertions ne paraissent pas exactes. Lorsque le cardinal de Savoie vint à Paris faire sa demande, le roi envoya Gadenetà Blois pour prévenir sa mère de cette démarche et obtenir d'elle l'agrément nécessaire: Cadenet rapporta cet agrément2. Lorsque le contrat fut dressé, le colonel d'Ornano se rendit auprès de Marie de Médicis afin de le lui soumettre et la prier d'y apposer sa signature : Marie de Médicis signa : elle pleurait, on ne sait pas au juste, disait l'ambassadeur vénitien, si c'était d'émotion ou de douleur3. Quelques jours après la cérémonie, elle écrivait à Chrétienne : « Ma fille, étant mariée, comme vous êtes, à mon entière satisfaction4... » 11 est difficile de dire qu'elle n'ait rien su du mariage de Chrétienne.

Bien qu'après la fuite de Blois, l'ancienne régente, en état de rébellion à Angoulême, se trouvât dans une situation délicate, Louis XIII ne voulut pas que sa sœur quittât la France sans aller embrasser sa mère : « Sachant que vous avez agréable, mandait-il à Marie de Médicis, de voir ma sœur, la princesse de Piémont, je ne veux pas qu'elle diffère davantage à vous aller rendre à Angoulême ses très humbles devoirs, auparavant son parlement pour le Piémont. Elle a été très désireuse de vous voir et moi, je suis très content qu'elle

1. Richelieu, Mém., éd. Michaud, t. I, p. 187, 191, et J. B. Matthieu, Histoire de Louis XIII, dans P. Matthieu, Histoire de Henri IV, t. II, p. 101.

Page 1