‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 207 sur 349 · Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 197 r · texte numérisé non relu

Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 197 r

3. Cette lettre est datée de la Haye, 28 mai (sans indication d'année) Bibl. nat., ms. fr. 3818, fol. 48 r°). « Ce gentilbomme, dit Henrrette-

Marie, .-'en va si bien informé des raisons que j'ai eues de sortir bois d'Angleterre que quand vous les saurez, vous vous étonnerez de ce que je ne l'ai fait plus tût; car à moins que de me résoudre à la prison, je n'y pouvois pas demeurer. Mais encore s'il n'y eut eu en cela que moi à souffrir! Je suis si accoutumée aux afflictions que cela eut passé comme le reste, car leur dessein étoit de me séparer du roi Monseigneur: et ils ont dit publiquement qu'il le falloit faire et ensuite qu'une reine n'étoit qu'une sujette et estoit pour passer par les lois du pays comme les autres; ensuite de cela ils m'ont accusée publiquement, en me nommant, que j'avois voulu renverser les lois et la religion du royaume et que

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La petite cour de Saint-Germain, où Henriette-Marie avait grandi, n'avait pas compris seulement jadis que les fils légitimes d'Henri IV. Le feu roi avait voulu que ses enfants naturels fussent élevés à côté des autres. Devenu roi et jeune homme quelle sera l'attitude de Louis XIII à l'égard de cette partie irrégulière de sa famille?

Il est, à vingt ans, ce qu'il a été à sept. Un jour où, enfant, il maltraitait M. de Vendôme et que madame de Monglat le reprenant, lui expliquait que le petit était fils du roi : « Eh hien, mais! répliquait dédaigneusement le prince, il n'est pas fils de maman ' ! » La distinction constituait dans son esprit la marque de l'infériorité. Cette infériorité, il la ressent identique quinze ans après. Evidemment il sait que ces êtres sont ses frères; il les appelle « mes frères naturels ; » il comprend qu'il a des devoirs envers eux : il les remplira. Mais il parait éprouver comme une certaine impatience à leur égard : dans ses relations avec eux, il affecte un air de commandement; il les rudoie, comme il les rudoyait autrefois.

Il y a lieu pourtant de distinguer. Contraste bizarre, ce sont les fils de la douce et gracieu.fe Gabrielle d'Estrées,

c'étoîl moi qui avois causé les [rlandois à se révolter; ils ont fait venir des témoins jurer que cela estoit, el sur cela disoient que tant que je serois auprès du roi, que l'État étoiten danger; avec beaucoup d'autres choses trop longues à écrire. Venir à ma maison, lorsque j'étois à la chapelle, enfoncer mes portes, menacer de tout tuer, mais cela, j'avoue, ne m'a pas fait grand peur; mais il est vrai que d'être sous ta tyrannie de ces gens là n'esl pas a être recommencé. El durant ce temps, assistée de personne ! Jugez en quel état j'estois ! >• Voir une autre lettre a la même Mme de Saint-Georges [Ibid., fol. 51 r°). Henriette-Marie écrira a l'évêque de Mende : ■ Ayez pitié d'une pauvre princesse au désespoir. • (Catalogue ofthe collection of autographe letters of Morrison, t. Il, p. 79).

I. Voir notre livre Au temps de Louis Mil, chapitre 1" et notre Vie intime d'une reine de France, p. 286 et suiv.

les Vendôme, qui sont les moins sympathiques : ce sont les enfants de l'altière Henriette d'Entraigues, marquise de Verneuil, qui sont les plus doux. Louis XIII est pour les uns et les autres en 1620 ce qu'il était en 1607.

Les Vendôme, il est vrai, — César duc de Vendôme, Alexandre et Henriette de Vendôme — se sont un peu émancipés. César, qui a 26 ans en 1620, a épousé la fille du duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne, une des plus riches héritières de France, est devenu lui-même gouverneur de cette province, se trouve être un opulent et puissant personnage, grand du royaume. Louis XIII le surveille. Il accepte bien en 1617, d'être le parrain de son fils, baptisé au Louvre; l mais il se défie de lui, le tient pour un esprit inquiet, « perfide, ambitieux2. » L'autre a des prétentions inquiétantes : ne voudrait-il pas prendre rang immédiatement après les princes du sang? Le public s'inquiète. « Messieurs les bâtards de France, dit l'auteur d'un libelle, se font accroire qu'étant reconnu s enfants du roi, on ne leur peut opposer qu'ils ne soient princes et par conséquent nécessairement les premiers après les légitimes3 ». Plus tard, en 1629, Louis XIII se décidera à faire un « règlement pour les rang et séance des princes enfants naturels 4 ». En attendant qu'il réprime durement les premières tentatives de révolte de César par quatre années d'emprisonnement et la perte

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